MUSTANG JOURNAL

Les préparatifs…

 
     
 

Le projet de «MUSTANG, LE DERNIER ROYAUME PERDU» surgit pendant le tournage de «Katmandú un espejo en el cielo» réalisé par Iciar Bollain, et dont Larry Levene est producteur.


Connaître le Mustang et son peuple, et savoir que ce Royaume allait, après plus de 1600 ans isolés du Monde, être accessible par la construction d'une route, de terre, mais une route quand même, sont les points de départ de ce projet, ainsi que l'amitié entre Folco Terzani et Larry.


En Janvier 2012, le noyau de l'équipe, Graciela De Pablos, Derek Levene y Larry Levene, ont commencé à travailler. Ils ont discuté du concept, de l'histoire que veut raconter le documentaire et du travail de chacun dans ce projet.


Graciela y Derek porteront le poids du repérage, un long voyage d'un mois, à pied en suivant les pas du premier occidental qui parcourut le Mustang en 1962, Michel Peissel, auteur de «Mustang, le Royaume Perdu de l'Himalaya.», leur livre de chevet pendant ce voyage. Peissel est mort à la fin de l'année dernière, et en quelque sorte, ce documentaire sera un hommage à celui qui a été le maître de générations de voyageurs.


Ils ont repéré l'itinéraire qu'ils suivront sur les traces de Peissel, et ils ont confectionnés les modèles pour la production et la réalisation, qu'ils rempliront durant le voyage de repérage: villes et villages, monastères, reliques, grottes, scènes de localisation....de tout ça, restera un reflet écrit et visuel. Le facile et le difficile. Le possible et l'impossible.


Une première idée de route, une liste de lectures et relectures obligatoires, «Journey to Mustang» de Tucci, «Wonders of Lo» de Lo Bue, «The kingdom of Lo» de Dhungel, «El fin es mi Principio» de Terzani...et surtout «Mustang, Royaume Tibétain Interdit» de Peissel.


Visas, billets et....attention, passeports renouvelés.


Deux mois de lecture et de préparatif à fond.


Graciela et Derek écriront un Carnet de Voyage qui nous permettra de découvrir avec eux les coins les plus retirés du Mustang.

 

 
     
   
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1ere journée:

Jusqu'à Katmandou

 

 
 

Notre premier jour face au carnet de Voyage dans lequel nous relaterons tout ce qui nous arrivera.
On a commencé la journée en Espagne, à Madrid, et on l'a finie avec escale,à Doha. A l'aéroport de Madrid, au terminal 4, Graciela et moi, on a recouvert nos valises enregistrées directement pour Katmandou. Au revoir à la famille et à ma petite amie, Cristina. Quand on était dans la queue, on a su que notre avion avait un retard d'une heure, mais au final, ça a été un peu plus. Pour s'excuser, Qatar Airways nous a offert un petit snack, sandwich et rafraîchissement, que l'on a pris à la porte de l'embarquement.
Une fois dans l'avion, nous nous sommes rendu compte que l'on était assis à des places différentes, donc chacun à ses affaires, voir des films, écouter de la musique, regarder par le hublot, mais aussi pour anecdote, un pépé assis à côté de moi, m'a renversé son verre de vin dessus, ce qui va m'obliger à laver ma première chemise, dès l'arrivée. Enfin arrivés à Doha après 6 heures de vol, qui sont passées assez vite, l'escale dure 4 heures et demi avant de prendre l'avion suivant. Durant cette escale, on a commencé ce carnet....internet, quelques parties de cartes, lire, se reposer....

 

Derek.

 

 

Il est 3:07 du matin, à l'aéroport de Qatar, qui ressemble à n'importe quel autre, impersonnel, on pourrait être dans n'importe quelle partie du Monde. L'attente à cette heure de la nuit se fait longue, le sommeil nous gagne. Les gens attendent avec patience, on entend parler tous types de langues en même temps. Derek se repose à côté de moi, il écoute de la musique et il essaie de faire un petit somme....moi je ne peux pas...je suis fatiguée mais active à la fois...je n'arrive pas à me faire à l'idée que nous sommes déjà loin...que après cette étrange escale, je serai de nouveau à Katmandou. Je suppose que je m'en rendrais compte, quand je poserai à nouveau le pied là-bas, après un an, sur la terre népalaise...quand je percevrai et éprouverai la magie de ce surprenant pays...quand je me promènerai de nouveau dans ces rues pleines de couleurs et de gens souriants.

Graciela.

 
   
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2eme journée:

"Un départ est toujours une promesse d'aventure"

 
         
 

On a pris l'avion direction Katmandou à 5 heures moins le quart du matin. On a eu de la chance, vu qu'une des hôtesses parlait espagnol, on a pu parler notre langue loin de nos maisons.


A l'arrivée de Katmandou, on a passé le contrôle de visa et on a récupéré nos valises, qui étonnamment sont arrivées très vite, ce serait bien que Barajas en prenne exemple. Juste à la sortie, Larry nous attendait et nous a conduit directement à l'hôtel. Une fois installés à l'hôtel, on a décidé aller manger sur une magnifique terrasse à Boudanath nos premiers momos et un autre plat typique népalais, un dhalbat, lentilles avec riz.

On a passé l'après midi à organiser, apportant des corrections àla route que nous allons suivre au Mustang.

Après quelques heures, et avec la fatigue du grand voyage, nous sommes allés au Sisha Bar, fumer une bonne Sisha aux raisins. A 20h30, ce qui est un peu tard à Katmandou, on est allé dîner avec un ami népalais, on a goûté un riz au lait aux cacahuètes. Après le repas, nous sommes enfin allés dormir, c'était l'heure!

 

 

 

Derek.

 

De retour à Katmandou...

Voilà, voilà nous y sommes...nous arrivons après un long voyage, 2 avions, une escale de plus de 5 heures....sans dormir...très fatigués de toute la tension du voyage...Mais, enfin nous sommes arrivés à destination: Népal.
Je crois que je ne m'en rend pas encore bien compte...ça fait seulement que quelques heures que nous sommes dans cette ville intense.
Je suis descendue de l'avion, réveillée par une énorme bande orangée dans le ciel...c'était le lever du soleil qui diluait l'obscurité de la nuit et me permettait de découvrir d'incroyables montagnes...De grandes montagnes élancées s'élevaient sous la carlingue de notre avion, ce qui fut le premier signal pour nous dire que, c'était fait, nous étions arrivés dans notre cher Népal, terre de montagnes et de Dieux, le toit du Monde.


A la descente de l'avion, je m'émeus du premier Namaste, le premier de bien d'autres qui suivront, tampon sur le visa, nos sacs défilant sur le tapis roulant, et en passant la porte, la main de Larry qui nous salue de loin, qui se distingue parmi toutes les pancartes de Tour Opérateur qui attendent l'arrivée de «leurs» touristes. Un taxi et nous nous enfonçons dans la cohue du trafic népalais. Entre chaos, klaxons, fumée noire des pots d'échappement, une sacré pollution....et la vie commence ...des couleurs, des odeurs et des personnages variés façonnent l'image de cette ville qui m'est familière...Avec les premières odeurs, me viennent des souvenirs et je sens que l'aventure recommence....

 

 

Graciela

 

 
 
 
 

 

 
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3eme journée:

Rencontre avec le prince du Mustang

         
 

Larry part très tôt rencontrer ses amis de Yeti Airlines, pour récupérer les billets des avionnettes prévues de Katmandou à Pokhara, et de Pokhara à Jomosom, au Mustang. Et..le retour à Katmandou.


Pendant ce temps, Graciela et moi dormons comme des bébés jusqu'à 9 heures, l'heure à laquelle nous nous sommes levés grâce à l'alarme et au bruit des pigeons, devant la fenêtre de ma chambre. Après avoir passé la première nuit à Katmandou dans des lits confortables, une douche d'eau chaude que j'ai particulièrement apprécier, en sachant qu'au Mustang elles seraient rares.
À 10 heures, nous avions oublié que nous avions le petit déjeuner inclus à l'hôtel, nous sortons déjeuner près du Katmandou Guest House, un café spécial pour moi, vu que j'y ai déjeuné plusieurs fois pendant mon dernier voyage, avec ma copine Cristina, en 2010. Plus tard, nous sommes allés récupérer la chemise que j'avais laissée la veille à la laverie, celle tâchée par le pépé dans l'avion, et nous sommes allés nous acheter deux bâtons de trekking pour marcher au Mustang à un très bon prix, incomparable à ce que ça nous aurait coûté à Madrid..


Ensuite, nous avons pris un pousse-pousse jusqu'à Lazinpaat pour aller voir un ami népalais, propriétaire d'une boutique. En arrivant, on trouve la boutique fermée. Elle est spéciale pour moi, elle me rappelle beaucoup de souvenirs. J'habitais en face quand je travaillais au Népal, en 2009. En un instant, beaucoup d'images sont remontées jusqu'à à moi, de cette merveilleuse année que j'ai passé à Katmandou comme volontaire.


On prend un taxi jusqu'à Boudhanath où nous retrouvions Larry, on fait deux «kora» (deux tours) autour du plus grand stūpa de Katmandou et un des plus grands d'Asie, pour le succès de notre voyage, sous les yeux pénétrants de Bouddha qui nous surveille. Après avoir fait les tours, le premier sans Larry qu'on attendait, et le deuxième tous ensemble, on part rencontrer le Prince Jickme Bista, fils de Jigme Dorje, l'actuel roi du Mustang. Il vit ici, avec son père, en hiver, vu qu'ils sont trop rudes au Mustang pour son âge avancé. Pendant que l'on déguste un thé au lait avec des biscuits de Losar, le nouvel an tibétain, nous avons discuté du fabuleux projet que nous avons entre les mains.


J'ai adoré connaître le fils du Prince du livre de Michel Peissel, parce que même si lui n'apparaît pas dans le livre, son père si, et quand je le voyais, des chapitres du livre me revenaient en mémoire de Michel

Pendant que nous prenions le thé et que nous nous disions au revoir, nous l'avons beaucoup photographié, d'abord tout seul puis avec nous. A la fin de la réunion, distrait par le cérémonial des adieux, j'ai oublié mon sac à dos avec l'ordinateur dedans, dans la petite salle, pendant quelques minutes. Par chance, je m'en suis rendu compte assez vite, me sentant plus léger, je suis revenu en courant le chercher...bonne nouvelle, il était toujours là.
Je le récupère, et on part tous les 3 manger au restaurant «Tibetan Roof», un des plus recommandables de Boudhanth et de tout Katmandou surtout pour ces «momos», spécialement ceux au poulet, les nouilles et les boules de fromage recouvertes de sésame.
Nous rentrons à Thamel, je m'achète des tongs au cas où on pourrait se doucher, et on se dirige vers l'hôtel, l'hôtel Mandala, pour se reposer.


Un peu plus tard, on descend sur la terrasse, et on se met à écrire nos carnets de route, à fixer l'itinéraire définitif que nous envoyons à notre guide par mail, avec la mise à jour de notre projet en Dropbox, à trier les factures du jour...etc.


Pour finir, nous allons dîner au restaurant Mithos, un restaurant qui a un accord avec une ONG pour la formation de serveurs et de cuisiniers. Nous rentrons dormir, demain nous partons tôt pour Pokhara, escale nécessaire pour monter dans le petit avion qui nous conduira à Jomoson, aux portes du haut Mustang, le lever du jour est le seul moment où les vols sont opérationnels.

 

 

Derek.

 

...Un nouveau jour à Katmandou, cette ville à une vie spéciale....elle t'enveloppe avec ses sons, ses stūpas, et son incessante activité. La journée est passée vite, ici il y a toujours quelque chose à voir ou à faire...


Nous sommes allés à Boudhanath, qui pour moi est un des plus beaux endroits de cette ville. Je n'avais jamais vu une stūpa aussi grande, un des lieux des plus sacrés pour les bouddhistes de cette ville. Elle se situe au centre d'une grande place, c'est une grande coupole doré, couronnée par les énormes yeux de Bouddha...elle ne laisse personne indifférents, ces yeux qui nous regardent....impressionnent!


La stūpa est entourée de quatre Gompas, monastères bouddhistes, de maisons basses et de tout type de commerces Il y a beaucoup de bouddhistes et de pèlerins qui tournent autour (Koras), en faisant tourner les moulins à prière tout en récitant le mantra...c'est une image forte et très belle.
Nous avons aussi fait deux Koras, pour le voyage qui nous attend "om mani padme om".


Les stūpas sont des constructions contenant des reliques sacrées. Dans celle de Bodhnath, un os de Bouddha y est conservé. Toute la base circulaire contient 108 petites images du Dhyani Buddha Amitabha. Le nombre 108 n'est pas sans raison, c'est un numéro très important pour la culture tibétaine.
Aujourd'hui Larry nous a présenté au Prince du Mustang, Jigme Bista qui vit dans un des monastères qui entourent Boudhanath. On a enfin rencontré le Prince du royaume dans lequel nous allons bientôt pénétrer. Il nous a reçu avec du thé et de délicieuses pâtisseries, on a amicalement discuté un bon moment. Il nous a conseillé sur le voyage que l'on s'apprêtait à faire, ça a été très intéressant, ses yeux s'illuminaient à chaque fois qu'il nous parlait des terres magiques du Mustang.


Puis nous sommes allés manger dans un restaurant tibétain que connaissait Larry, la nourriture tibétaine est délicieuse, la vue sur la place est magnifique, on respire le calme...il y a un précieux silence brisé par le roucoulement des centaines de pigeons qui habitent la place, par les murmures des prières, les moulins à prière tournant et par le battement des milliers de drapeaux de prières accrochés, agités par le vent....c'est un merveilleux spectacle.


Enfin, nous avons dîné au restaurant Mithos, un joli petit coin au bout de Thamel, près de Chhetrapati; c'est un endroit très agréable dont je me souvenais, je l'avais découvert l'an dernier en bonne compagnie..un petit endroit, aux savoureux plats comme son propre nom l'indique, «mithos» veut dire savoureux en népalais. De plus, ils ont un chouette projet, ils forment des serveurs et des cuisiniers sans études, ils ont ainsi une opportunité de travail.
Je termine la journée par une ballade nocturne dans la ville, de nuit la pénombre et les ruelles donnent une impression mystérieuse, très différente de la lumière, de la joie et des couleurs abondantes durant la journée, dans les mêmes rues...cette ville est magique...elle a un bon karma, pour cela je l'appelle Karmandou.


Demain, commencera en partie l'aventure, nous prendrons un avion à Pokhara, nous serons encore plus près de la route du royaume interdit...l'aventure commence.

Graciela.

 
     
 

 

 

 
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Journée 4:

"Nous volons à Pokhara, dernier saut avant le Mustang"

         
 

Nous nous levons à Kathmandou, assez tard, vers 9 heures, et aujourd'hui, nous descendons prendre un bon petit déjeuner américain inclus par notre hôtel, l'hôtel Mandala. Puis nous sommes montés sur la terrasse, pour photographier Swayambuhath , le Temple des Singes, à l'intérieur duquel ils sont très nombreux, des centaines. En le voyant ainsi, il m'a semblé familier comme une image gravée de mes précédents voyages.


Depuis l'hôtel, nous partons directement à l'aéroport de Kathmandou pour prendre le petit avion qui nous conduira à Pokhara, situé dans les hautes montagnes qui entourent un lac dans lequel, même si cela paraît invraisemblable, et que peu d'occidentaux puissent le comprendre, je me suis baigné en compagnie de deux népalais. Je m'y ai pris du plaisir et je le recommande à tout le monde, il ne faut pas faire attention à toutes les recommandations de prudence, du moins moi je ne le fais pas. En parlant de prévention, une quand même, il faut par contre s'y baigner comme moi, en Juillet ou en Août. Maintenant le temps rend la baignade impossible et l'eau est glaciale.


A Pokhara, nous avons mangé en terrasse, et nous avons fait quelques courses de dernières minutes.
Je recommande l'hôtel Glacier pour son hospitalité, ses chambres et ses vues sur le lac.

 

Derek.

 

Je suis à Pokhara, nous sommes arrivés dans un petit avion à hélices, nous étions une trentaine de personnes accrochés à nos ceintures de sécurité...même si les turbulences étaient légères, elles impressionnaient. La compagnie Yeti Airlines propose ce style de vols domestiques, ils nous ont très bien traités et le vol a été hallucinant. On a survolé les montagnes de très prés...


Demain, nous prendrons un autre avion pour Jomoson, et de là, la route commencera petit à petit...On dit qu'on connaît mieux un endroit quand on le parcourt à pied, je le pense aussi, et c'est ce que nous allons faire à partir de demain pendant 25 jours. Un guide choisi par le Prince, nous accompagnera dans notre voyage, il connaît le Haut Mustang comme sa poche, il y est né, et il nous servira aussi d'interprète du tibétain à l'anglais.


Nous aurons deux porteurs...ce qui nous rendra service, vu que je dois faire des photos de repérage tout le temps, et sans poids, nous serons plus libérés.
L'année dernière, j'ai fait le tour des Anapurnas, aussi au Népal avec un sac à dos de 12 kg, et c'est si réconfortant pour l'esprit de transporter tes propres affaires, ça fatigue, mais ce voyage est différent car il faut être concentré sur notre travail.


Pokhara est un petit village avec un lac en son centre, entouré de montagnes ce qui a un charme très spécial....la température est douce et on respire le calme...pendant la nuit on peut voir pleins de lucioles qui éclairent l'obscurité, pure magie. Je suis heureuse d'être à nouveau dans ce village qui me rappellent pleins de beaux souvenirs, je pense beaucoup aux gens qui m'accompagnaient l'an dernier.


Comme on nous a tellement avertit qu'il fallait nous préparer au froid, je suis allée m'acheter un bonnet et de plusieurs choses dont j'aurai besoin. À Pokhara o trouve facilement tout e matériel de hautes montagnes, à bon prix, puisque c'est le point de départ des trekkings. Je suis aussi allée amener mes chaussures à un cordonnier pour réparer mes bottes. Les cordonniers ici sont charmants, ils sont assis sur le trottoir avec tous leurs outils. J'ai passé un bon moment en sa compagnie, pendant qu'il réparait les pointes décollées de mes chaussures avec attention.


Bon. Ça y est demain l'aventure commencera...je pense que tout ce qui nous reste à découvrir va être incroyable!


Maintenant j'ai un peu de pression de faire un bon travail, je me sens préparée à ramener toute l'information qu'on m'a confiée, à rencontrer les locaux et qu'ils me racontent des jolies histoires....j'ai envie et besoin de faire de bonnes photos et du fait d'avoir un itinéraire important devant nous bourré d'obstacles tel que le froid, le mal d'altitude...et encore d'autres que je ne peux m'imaginer..je sus un peu nerveuse....même si ça va quand même bien et que j'en sens capable ou que je veux l'être. Je pense que tout ira bien, je pense aussi que nous aurons de la chance,que nous nous retrouverons face à des situations surprenantes à chaque pas, et pourquoi pas imaginer nous retrouver face au léopard des neiges....


Je nous souhaite un bon chemin...."om mani padme om".

 

Graciela


 
         

 

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Journée 5:

On atterrit au Mustang!

 
         
 

On se réveille à l'aube à Pokhara, à exactement 4.30, pour être à l'heure à l'aéroport, notre avion pour Jomoson étant à 6.15. On arrive à l'aéroport, on paie les taxes, l'avion a du retard...Le vol est spectaculaire, on survole et contemple la cordillère de l'Himalaya, une expérience unique dans une vie, cela n'a pas de prix.


Nous sommes maintenant à Jomoson, on visite le village vite fait (on y reviendra faire le repérage le dernier jour du voyage), et on se met directement en route pour Kagbeni, la porte d'entrée du Haut Mustang. Nous y arrivons après 2h30 de marche. Nous nous installons dans l'hôtel Himalaya, qui n'est pas recommandable (donnée pour la production). Nous partons en repérage, on s'arrête pour manger et de nouveau, nous nous remettons dans le bain du repérage accompagnés d'un vent glacial. Les endroits que je préfère sont le monastère, au centre du village, et le « Grandfather Memé », un lieu où passer un bon moment. Plus tard, nous sommes allés voir l'Annapura Hotel, petit Lodge situé à l'entrée du village, avec de très belles vues et très recommandable pour s'y loger. C'est la propriété de Norbu Tsering, le protagoniste masculin de «  Katmandú, un espejo en el cielo» et bon ami de Larry. Norbu est maintenant à Katmandou; j'espère le voir au retour et loger dans son Lodge.


Vu le vent de cet après-midi, plus la neige qui est tombée, on pense que la nuit va être froide....enfin on espère qu'elle ne le soit pas trop!

 

Derek

 

 

«Himal» signifie demeure ou maison, et «Haya» signifie neige. Aujourd'hui nous avons survolé un petit secteur de cette cordillère de presque 3000km, de cette «demeure des neiges»....Nous avons plané dans ce petit avion très près des sommets blancs brillants de glace...en passant au dessus de pics pointus, presque irréels....enfin nous entrons dans le territoire montagneux. Maintenant je sens que l'on laisse derrière nous, peu à peu, la civilisation et nous pénétrons doucement, pas à pas, dans ce mystérieux et inconnu Royaume que nous sommes venus découvrir...


À 7h du matin, nous arrivons sur la piste d'atterrissage venteuse de Jomoson, ce village me fait penser au Far West qui serait entouré de grandes montagnes blanches. Là, nous attendaient, Wangyal, notre guide, et Panna et Manangui, nos porteurs...trois visages souriants. Après de timides présentations, nous entreprenons notre 1ere journée de route de ce qui sera sûrement un grand voyage...Un grand nombre de magnifiques paysages à parcourir, d'histoires et de choses incroyables à découvrir et à contempler nous attendent.

 

Graciela

 
 

 
 

 

 

   
   
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Journée 6:

KAGBENI (2800m) a

De KAGBEN (2800m) à CHUKSANG (TSUGSANG) (2980m), 2eme jour de route dans le Haut Mustang:

"....avec seulement de deux jours de marche, nous avons voyagé sur un siècle de distance..."

 
         
 

Nous marchons de Kagbeni à Chuksang, où nous avons réussi à arriver après 3h20 de marche. Dans les livres, sur le cartes ou documents, beaucoup des noms de villages du Mustang apparaissent écrits différemment, comme Chuksang est aussi Chhusang ou Tsugsang.

Nous avons pris quelques photos du premier village que l'on a traversé, Tangbe. Nous avons continué la marche en passant par de magnifiques paysages, longés par le Kali Gandaki, la rivière qui traverse le Mustang de nord au sud. En arrivant à Chuksang, nous nous sommes installés dans l'hôtel « New Bhakra Guest House», l'un des meilleurs du village, avec l'hôtel Bhrikuti Tourist Camping (qui n'est pas un camping), ce seront des hôtels convenables pour l'équipe de tournage. Le village de Chuksang te ramène au Moyen Âge.


Nous avons mangé, nous nous sommes reposés dans la chambre, et aux alentours de 15h, nous sommes allés voir le Monastère de Gumbakang, qui se trouve en face du village, au sommet d'une colline. Ce fut une ballade agréable, en traversant le Kali, même si il y a eu beaucoup, beaucoup de vent...Cela a valu la peine, parce que le monastère est magnifique, même s'il n'y a aucun moine à cette époque de l'année. J'ai été impressionné par les statues, spécialement une de Bouddha au centre. J'ai beaucoup apprécié la façon dont nous a reçu la dame chargée de son entretien, nous lui avons fait un petit interview. Elle nous a raconté qu'autrefois c'était son père qui était chargé de son entretien, que maintenant c'est elle, et plus tard ce seront ses enfants, c'est à dire que ce service se perpétue de générations en générations. Ce qui m'a le plus marqué au cours de cette journée, c'est sans doute le monastère, et surtout de la dame qui s'en occupe, de sa petite fille qui était apeurée en nous voyant, elle n'a pas voulu manger le bonbon qu'on lui a offert ni boire les thés noirs que nous a servi sa mère.

 



Derek.

 

 

Nous sommes à Chuksang....dans une chambre à demi obscure, vu que la nuit tombe et qu'aujourd'hui il n'y a pas de lumière. Nous sommes assis dans une petite et accueillante cuisine de style tibétain, présidée, comme dans toutes, par un petit mais puissant poêle carré de fer forgé...Les femmes permutent, sans arrêt, des casseroles et théières d'un feu à l'autre. Elles n'arrêtent pas de nous servir du thé pour essayer de nous réchauffer.... l'ambiance est tranquille et familière, et nous sommes, à ce moment là le centre d'attention....j'adorerais pouvoir parler leur langue et comprendre de quoi ils parlent...


Aujourd'hui, nous sommes partis à 8h du matin, une heure plus tard que prévu..Nous devons nous adapter aux rythmes. Le soleil brillait déjà sur les plus hautes montagnes, et il n'a pas tardé à illuminer notre chemin, ce qui s'apprécie énormément, ça réchauffe le corps et l'esprit. Le chemin a été facile, et le temps est passé très vite, en contemplant les impressionnants paysages si différents de mes montagnes de Ségovie.


C'est un paysage étrange et très beau, désert, avec très peu voire aucune végétation....nous nous sommes aventurés dans le grand Canyon du Kali Gandaki, rivière qui nous accompagnera pendant une grande partie du voyage. Nous sommes passés par le lit de la rivière, nous pouvons y marcher maintenant, il ne sera pas rempli d'eau avant l'été...Parfois, le paysage me fait penser à un décor.


De plus, je suis tout le temps, mon appareil à la main, faisant des photos pour le repérage, je sens que par moments je me fonds dans le paysage et j'oublie le monde....sans m'en rendre compte, nous étions déjà arrivés à destination. Le meilleur du jour, a été sans doute, la visite du monastère de Chuksang, même si le chemin pour y accéder a été une vraie folie, à cause du vent fort que nous avions de face, la poussière et le sable nous fouettaient le visage pendant que nous montions le sentier de la montagne....Il nous a fallu du courage, mais ça en a valu la peine. Nous sommes arrivés à un endroit rempli de charme, un peu isolé du village, sur la montagne juste en face, où se dresse ce petit monastère, sur lequel on peut facilement remarquer le passage des années...très beau, plein de couleurs et de lumière.


Une dame nous a ouvert la porte, pour moi c'est elle qui a fait que cet endroit soit si spécial. Une dame népalaise aux habits usés, aux yeux brillants et au sourire timide mais si réel. Elle y vit et s'en occupe, elle le maintient impeccablement et satisfait les Dieux avec des encens et des bougies allumés...Elle nous a ouvert avec une grande hospitalité, elle nous a laissé faire le tour de tous les recoins sans rien nous demander en échange....très beau, plein de calme et de splendides peintures....pendant ce temps, elle a préparé silencieusement trois bougies en offrande aux Dieux, une pour chacun d'entre nous....elle enroulait avec calme les mèches de coton et y versait de la graisse de Yak....elle nous a donné un bâtonné enflammé et chacun de nous a allumé sa bougie tout en faisant un voeu, puis nous avons jeté en l'air des graines après nous les avoir passées sur la tête et le coeur tout en pensant à des choses positives...un très beau moment, très spécial....


Cette dame si attachante, nous a accordé un petit interview filmé sans problème. Nous avons demandé à Wangyal qu'il nous traduise. On sent qu'elle est heureuse, lovée dans son monde simple, son mari était parti faire paître ses chèvres...ils vivent très humblement et ils s'occupent du monastère en échange de nourriture.


Plus tard, elle nous a invité à un savoureux thé, dans une autre pièce, où ils vivent à la chaleur d'une petite cuisine de bois, elle n'arrêtait pas de remplir nos tasses et nous y sommes restés passer tout l'après-midi, en compagnie de sa fille, très petite, qui s'est fait pipi dessus au moment même où elle nous a vus, je pense qu'elle n'avait jamais vu des gens aussi bizarres que nous, si blancs, et avec les cheveux à moitié jaunes comme moi.


Ce fut un agréable après-midi dans un endroit sublime plein de paix, et en compagnie de cette dame au regard pur et au sourire sincère...Une maison de Dieux très agréable...



Graciela.

 

 
 

 
 

 

 

 
   
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7eme journée:

De CHUKSANG (2980m) à SAMAR (3321m)

"… nous sommes montés par des gorges profondes et, enfin, avons atteint les confins de steppes infinies ondulées …"

 
         
 

Nous sommes partis de Chuksang, direction Samar, par un sentier rocheux élevés. Nous sommes passés par Chele (un village au caractère et origines totalement tibétains), et nous avons vu de l'autre côté de la montagne, Ghyakar, un petit hameau sans grand intérêt pour notre documentaire. La route d'aujourd'hui a été la plus difficile, et je suis fier de pouvoir le raconter depuis Samar.


A Samar, nous nous sommes logés dans l'hôtel Annapurna, un bon hôtel dont la salle à manger, les chambres en plutôt bon état, et une petite chèvre qui faisait la ronde, ont appelé mon attention. Après manger, nous nous sommes un peu reposés, mais aux alentours de 15h, nous nous sommes remis au travail de repérage. Dans ce village, j'ai découvert les dzos, un animal ressemblant au yack, c'est d'ailleurs un croisement entre un yack et une vache, un animal que je n'avais jamais vu et qui m'a beaucoup impressionné. Samar signifie «terre rouge», un de ses deux monastères est de cette couleur.


Après le repérage, nous avons passé l'après-midi avec notre équipe, Wangyal, le guide, et les 2 porteurs, à bavarder, à lire et à regarder le livre de Michel Peissel. Puis je leur ai appris à jouer à deux jeux de cartes, nous avons bien rigolé grâce à un objet aussi simple qu'un jeu de cartes.
 
Derek.

 

Je cite Peissel, qui s'est trouvé à l'endroit même où nous sommes en ce moment: «… nous avons marché par le lit fertile de la rivière, entre de grands sommets et après avoir passé la limite des moussons, nous sommes montés dans les gorges profondes. Maintenant enfin nous avons atteint les confins de steppes infinies ondulées …»


Aujourd'hui nous sommes arrivés à Samar, c'est un très beau village tout en pierre et très propre. La première chose qui a attiré mon attention en entrant dans le village, a été de voir des arbres, ça faisait des jours qu'on n'en avait pas vu un seul. Wangyal dit que ce sont des saules pleureurs, mais je n'en suis pas sûre, leur tronc est très grand et les branches sont rares, ici le bois est un bien rare et apprécié. Le village est rempli de chevaux et de dzos qui charrient du bois d'un endroit à l'autre.


Le chemin d'aujourd'hui a été un peu dur, même si je sais qu'on a encore des étapes devant nous, encore plus dures. Nous avons arrêté de marcher dans le torrent vide de la rivière Kali Gandaki, pour entrer dans une gorge profonde, par un sentier qui montait aux montagnes et dont les versants donnaient le vertige....un passage très abrupt qui semblait être un décor.


Je suis maintenant assise dans un petit salon de notre maison du thé (ils appellent comme ça les endroits où nous dormons pendant ce voyage). Ce village est le plus froid de tous ceux que nous avons passés jusqu'à maintenant, et le vent entre furieux entre les joints de nos fenêtres....je vois au loin un sommet imposant enneigé qui apparaît au-dessus des nuages, plus bas il y a une mer de montagnes plus basses et moins enneigées, au centre se trouve la gorge par laquelle nous sommes montés....C'est un incroyable paysage qui réconforte les yeux et qui te fait sentir que tout ce chemin en a valu la peine...Par la fenêtre, on entend les petites cloches des chevaux poilus tibétains, qui quand ils passent nous laissent une joyeuse mélodie...


Oooh! Wangyal et Panna arrivent souriants avec un trésor, c'est un petit brasero...on s'assoit tous autour pour partager la chaleur....Je leur montre les photos du livre de Peissel, photos du Mustang d'il y a 60 ans, et ils les apprécient, nous discutons, l'après-midi passe plus vite et on oublie le froid...Derek nous enseigne deux jeux de cartes....on rit comme des enfants. Une grande pleine lune apparaît derrière les montagnes....si belle, elle transmet le calme..je lui demande qu'elle nous guide sur le bon chemin et qu'elle nous protège....Subarati! À demain!

Graciela

 
         
 

 
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8eme journée:


De SAMAR (3321m) à GELING (3570m)

"Devant mes yeux, remplissant l'horizon, s'étendait une terre différente à toutes celles que je connaissais..."

 
         
 

Je veux commencer la journée, en soulignant la nuit d'hier, très froide. Depuis la salle à manger de notre hôtel, nous avons eu le privilège de pouvoir voir comment sortait la lune, de derrière les nuages qui apparaissaient au dessus des montagnes...tout simplement magnifique.


Nous nous levons sur la «terre rouge», à 3321 mètres, on commence à sentir l'altitude, et après avoir passé une nuit glaciale, nous nous sommes dirigés vers Geling (aussi Gheling ou Gheiling.). Le chemin a été dur et long, mais, encore une fois, ça a valu la peine parce que nous avons fait le repérage dans une très belle grotte, pleine d'histoire, la grotte de Ranbyung (Ranchung) à 3842, une ancienne stūpa, dans le village de Tama Gaón, avec ses remarquables chörten (mais sans endroit pour passer la nuit) et Geling, lieu où nous restons dormir.


Les impressions les plus fortes d'aujourd'hui sont le fait de toujours marcher à travers d'incroyables paysages montagneux, l'histoire du monastère de Geling. Il a deux étages, celui du bas ouvert à tous et celui du haut, où les femmes ne peuvent pas monter parce qu'ils le considèrent comme une offense aux Dieux, ils nous racontent qu'ils pourraient leur couper la main au couteau. Dans le monastère, plus précisément au second étage, ils m'ont montré une main humaine, j'ai été pris par une forte sensation de peur. En vrai, je leur ai rendu aussi vite que je l'ai prise, et je suis descendu en bas avec Graciela, parce que j'ai sincèrement eu très peur. Chers lecteurs, nous en avons des photos, vous pourrez la voir.


Maintenant, je vais me reposer parce qu'aujourd'hui a été une journée très dure.

 

Derek

 

 

« Un nouveau monde se trouvait à mes pieds. Depuis Samar, j'avais vu un interminable océan de pics couverts de neige qui se prolongeaient à l'infini, mais maintenant, d'ici, je contemplais de près ce qui existait entre les pics. Devant mes yeux, remplissant l'horizon, s'étendait une terre différente à toutes celles que je connaissais...»


Il n'y a rien de mieux que de voler à Peissel quelques paragraphes pour expliquer le vu et le ressenti, ce qui ces jours-ci me laisse sans mots..
Aujourd'hui, nous avons marché un long moment, par une côte abrupte, derrière un berger de chèvres qui me doublait en âge et en endurance. Il montait comme quelqu'un qui allait chercher le pain, et moi derrière à moitié asphyxiée à cause de l'altitude...j'ai aimé parce qu'il marchait en chantant et en sifflant de jolies mélodies....un homme à l'expression dure, vêtu d'une chuba bien couverte et élégante (l'espèce de veste que les tibétains de la zone habillent.) Après être arrivée en haut et m'être assise sur un rocher avec lui, j'ai peiné à lui tirer un Namaste, mais j'ai finalement réussi...


Je pense qu'aujourd'hui, ça a été sans doute la journée la plus intense de toutes celles que nous avons passées, on a marché 8 heures....5 heures sans s'arrêter de monter et descendre des montagnes...en prenant les montées les plus abruptes que j'aie jamais vues, chaque fois que nous nous arrêtions et que je regardais tout ce que nous avions traversé, je ne pouvais pas y croire. Toutes ces montées et descentes que nous avons enchainées, sont dues au fait que l'on a pris le chemin des pèlerins pour passer par la grotte de Ranbyung...la grotte la plus sacrée du Mustang....Au milieu d'autant de montées et descentes, il y avait plein de petites marches en pierre grimpaient sur la pente d'une montagne, pour amener à la grotte. Après un peu de repos au milieu des marches, nous sommes enfin entrés dans la grotte et mon visage s'est illuminé face à autant de lumière, de beauté et le calme de cet endroit. Un garde qui a l'air d'un authentique ermite y vit, tout seul, pour s'en occuper. Ici aussi, la grotte est bien entretenue et les Dieux satisfaits. Une espèce de pierre noire en forme de Dieu sort des murs, il y a pleins de stalactites...c'est magique. Nous avons allumés deux bougies, et jeté des graines en l'air en désirant de jolies choses et nous avons dit au revoir au garde qui vidait petit à petit le porte-monnaie de notre guide. C'est un endroit incroyable au milieu de rien, plein d'énergie, très spécial.


Maintenant, nous sommes à Geling, dans un hôtel peu accueillant, en attendant impatiemment qu'il soit 18h....Ici il n'y a pas grand chose pour faire un feu, le bois est rare, il n'y a pas d'arbres, la norme veut qu'on attende 18h pour allumer le poêle qui se trouve dans le salon-cuisine. Le combustible le plus utilisé et le plus abondant sont les excréments du bétail, les bouses qui prennent très bien. C'est les mêmes règles pour toutes les tea houses, on attend tous impatiemment 18h pour nous réchauffer et quand enfin prend le feu, on se réunit pour prendre un thé pendant que la maîtresse de maison cuisine et dirige les opérations.


Ça y est on dirait que le feu prend, nous nous réunissons tous ensemble, sur des petites banquettes autour du poêle, une femme au visage rude verse un liquide dans un long tube et commence à remuer...au bout d'un moment, elle verse le liquide épais dans une théière et me le fait gouter. Oh, c'est le fameux thé au beurre salé, heureusement qu'elle m'a juste fait gouter, je n'aime pas ça, je passe la tasse à Managui, et tous rigolent...Du coup, je reste avec mon ginger tea pendant qu'ils jouissent du manjar, j'imagine qu'il faut juste s'habituer au goût.


On demande une soupe à l'ail pour dîner, qui est très bonne pour le mal d'altitude et le froid...on est déjà dans la pénombre et je ne vois rien...aujourd'hui non plus, il n'y a pas d'électricité....Je suis contente, je suis en voyage...demain encore plus!

Graciela

 
         
 

 
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9eme journée:

De GHELING (3570M) à TRAMAR (3920m)

"L'air agite les rideaux, même si la fenêtre est fermée..."

 
         
 

Nous nous sommes réveillés à Gheling et nous sommes partis pour la destination finale, Tramar. Le chemin a été facile, on s'est arrêté à Ghami, un village plein de couleurs, où on a visité deux monastères, un ouvert où ce qui m'a le plus marqué a été la magnifique porte en laine de yack, sa fraîcheur et ses très belles statues; nous n'avons pas pu entrer dans l'autre, très ancien, parce qu'il n'y avait pas la clé. Il n'y avait pas, non plus, d'électricité à Ghami, mais il y avait des panneaux solaires avec lesquels on a pu recharger nos caméras.


Dans un des hôtels de Ghami, on a mangé et discuté avec 3 touristes, qui faisaient un trekking de 12 jours et qui redescendaient à Jomoson. J'ai remarqué qu'ils n'avaient pas de porteurs; c'était parce qu'ils avaient pris des chevaux pour porter l'équipage; en fait si, ils avaient des porteurs...les chevaux.


Jusque là tout allait bien, mais en partant de Ghami direction Tramar, nous nous sommes confrontés à un vent très fort et très froid, qui a compliqué la route...mais on a réussi notre objectif qui était d'arriver à Tramar aujourd'hui.


À Tramar, de à où je vous écris, j'espère que vous ne viendrez jamais à l'hôtel où nous passons la nuit, parce que c'est le pire endroit où j'ai dormi de toute ma vie. Il manque une partie du toit, il n'y a pas de douches, il fait atrocement froid, il n'y a rien à faire...la Tenzin Guest House, qui n'a pas été vraiment finie, est une calamité.

Derek

 

Finalement, nous n'avons pas si mal dormi à Gheling..on n'a pas eu trop froid et juste avant d'aller dormir, ils nous ont donné deux couvertures extra et propres, ce qui m'a donné l'impression d'être dans un 5 étoiles...Maintenant, nous sommes à Tramar où nous avons mal commencé, vu le froid glacial et le village déplaisant...après la marche qui a été longue, j'avançais en pensant à des seaux d'eau chaude pour pouvoir me doucher, mais ici, l'unique tea house ouvert n'a pas de douche, on dirait qu'un jour quelqu'un a commencé à le construire mais se serait fatigué. Il n'y a pas de toit partout, il en manque dans une grande partie du couloir, et par là, passe un vent glacial qui remue toute la pièce et mes sentiments...La chambre «no comment»...les rideaux s'agitaient alors que la fenêtre était fermée.


Aujourd'hui, je ne suis pas de bonne humeur, le chemin a été très beau, et je reste sur cette sensation, on a vu deux aigles assez gros....Maintenant, je n'ai qu'une seule envie, c'est que le soleil se lève et pouvoir me réchauffer. Tramar est un petit village, où il n'y a pas grand chose, à part ses grottes dans la roche rouge, ce qui explique le nom du village. Il y a 80 ans, des moines vivaient dans des trous creusés dans la roche....ça a été très intéressant à voir. Ça me rappelait les failles de Bandiagar, au Pays Dogon, Mali...où un beau jour, j'ai pu imaginer ces fameux petits hommes rouges accrochés à ces grottes...


Il y a aussi un moulin à eau très ancien et un monastère d'où nous parvenaient ce matin les tambours des prières...un joli son pour commencer la journée et la marche dans un bon esprit.

Graciela.

 
         
 

 
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10eme journée:

De TRAMAR (3820m) à TSARANG (3560m)

"… et là en bas, dans une petite vallée, enfermé entre les montagnes désertes et tourmentées, est apparu Tsarang. Le village me donne l'impression d'une oeuvre magique ou d'inspiration d'un grand artiste qui, fatigué de tant de friche, s'était proposé de peindre un tableau envoûté sur ce fond si âpre". Peissel.

 
         
 

Nous faisons nos adieux au pire «hôtel» du voyage, où pour dormir et ne pas mourir de froid, nous avons dû mettre un matelas et une grande couverture contre la fenêtre (il y avait 3 lits dans la chambre), mais même comme ça, l'air froid passait, vous en déduirez que nous n'avons pas passé une nuit très chaude. Quand on s'est réveillé, les carreaux étaient gelés, et il y avait du givre à l'intérieur.


Après avoir déjeuner, et s'être un peu réchauffé, on s'est mis en route jusqu'à notre destination initiale: Marang, qui se trouve près du monastère de Lo Ghekar, un des points des plus importants de notre route. En partant de Tramar (Dhakmar), on a vu, en haut, les grottes du rocher, on nous a raconté, qu'en son intérieur se trouve d'intéressantes peintures, qu'on ne peut pas voir à moins d'escalader ou d'avoir avec soi une grande échelle. J'en prends note pour le tournage. En passant devant le monastère, on a entendu un moine faire sa prière. Ce monastère ressemble beaucoup à celui de Ghami.


Finalement nous ne sommes pas restés à Marang, à part le monastère il n'y a pas grand chose...ni même à manger, du coup nous avons tous décidé de marcher une heure et demi de plus jusqu'à Tsarang, où on s'est logé dans un bon hôtel....Un vrai luxe comparé à celui de hier, au bout de 3 jours j'ai pu prendre une douche chaude...enfin, pour être précis, je me suis douché avec un seau rempli d'eau chaude, maintenant je me sens bien, propre et serein....Je ne sens pas la sueur, je ne sens pas mauvais.
Maintenant, je peux vous dire que Tsarang possède de très beaux endroits à visiter. Spécialement, ses 5 chortens, l'ancien palace et son monastère, avec un curieux collège pour moines (qui ressemble à n'importe quelle école, y compris une alarme pour prévenir du début ou de la fin des classes, ou de n'importe quel événement), et j'ai remarqué qu'il y avait un but de foot (un moment j'ai pensé à mon Real Madrid), et j'ai pensé au pauvre goal ou joueur ayant marqué, qui doit descendre la moitié de la montagne pour récupérer le ballon.


Je voudrais souligner que Tsarang est un village assez grand, avec un canal (le second que je vois depuis Tangbé si ma mémoire est bonne), assez sale, mais très coloré et plus grand et développé que les autres villages où nous sommes passés.


Je voudrais aussi mettre l'accent sur ses habitants, je les ai trouvé joyeux, animés et travailleurs (quelques uns tissaient), J'ai aimé le moment quand j'ai donné des ballons de baudruche à des enfants qui en étaient très heureux, et le moment de la tombée du jour, avec ma compagne de voyage, Graciela, qui a dû me ramener un chocolat chaud après avoir perdu à pierre-feuille-ciseaux.

Derek

P.S: Aujourd'hui je suis très content de voir Tsarang, de l'hôtel et surtout de LA DOUCHE!!!!

 

 

 

Je pense, que le froid est sans doute l'élément le plus dur avec lequel nous devons vivre dans ces montagnes. C'est ce qui fait que les gens sont durs ici, et les enfants sont marqués par un rond rouge sur leurs joues...le vent froid et la proximité du soleil. Ça a été la matinée la plus froide que j'ai vécue depuis longtemps...On marchait, tendus, à l'ombre des montagnes...je ne désirais qu'une seule chose, c'était que le soleil revienne de notre côté, et c'est enfin arrivé un court instant...oh grand astre solaire, tu m'as rendu la vie!


Aujourd'hui, la marche a duré 5 heures, la journée a été agréable et le chemin n'était pas trop dur. À cause de l'altitude, 3900m, chaque pas en montée nous fatigue comme une course à pied, nous marchions en silence, en respirant fort, concentrés sur notre chemin et l'horizon. Marcher autant d'heures laisse du temps pour penser à pleins de choses, pour penser à ceux que tu aimes et qui te manquent...Wangyak et moi, on est presque toujours devant les autres, tandis que Derek est souvent loin derrière avec les porteurs, à son rythme et parfois sur d'autres chemins.


On a pris l'habitude de marcher tout en contemplant le paysage, en silence, parler change le rythme de la respiration et fatigue plus. Wangyal ramasse toujours des pierres pour les placer sur les montagnes du voyageur (grands tas de pierre qui se trouvent sur le bas côté du chemin), je fais pareil derrière lui...à chaque tas. On a croisé un grand troupeau de chèvres noires qui montait la montagne marron, une petite dame les dominait et il lui restait encore de la force pour me reprocher de l'avoir prise en photo de loin, elle me disait qu'il fallait que je la paie 1000 ou 2000 roupies...Wangyal lui a répondu en tibétain, de qui faisait ses règles...au final, nous en avons ri avec elle...


Nous avons continué à marcher jusqu'à voir de loin les impressionnantes Chortens rouges, ce qui ésignifiait qu'à l'horizon se trouvait notre objectif du jour, le monastère de Lo Gekar, il se trouvait au milieu de rien, sur le flanc de la montagne, avec à ses pieds un ruisseau gelé. Rouge, grand et imposant, avec un grand mâtin tibétain comme garde dans le patio, comme c'est l'hiver il n'y a personne dedans. Ils nous disent qu'en été, tous les moines viennent y passer la saison. C'est pareil pour tous les monastères, ils sont maintenant vides, mais dans moins d'un mois, les moines et les lamas arriveront pour passer l'été. J'imagine qu'en été, sans le froid, ils sont comme au paradis, à respirer l' air propre et pur de ces montagnes. Ce monastère est grand, et un peu plus bas, il y a un petit terrain où ils doivent cultiver un potager en été....Je peux pas m'empêcher d'imaginer ces moines vêtus d'ocre, arrosant le vert intense de leur potager....j'adorerais pouvoir le voir en juillet, plein de vie.
Après un bon moment de marche, on a aperçu Tsarang, un grand village, joyeux, avec de la vie dans ses rues...Au soleil, un groupe de villageois discutent tout en filant des montagnes de coton....très belle image, il y a aussi des chevaux et du bétail dans les rues. On est monté au monastère qui préside le village d'en haut, à la lumière de l'après-midi, d'ici, on peut voir tout le village et y écouter sa vie de loin, toute son activité, la récolte de la paille, des potagers et du bétail...J'ai trouvé le monastère très beau, c'est celui qui m'a le plus plu jusqu'à maintenant, très grand, tout rouge, avec ses vitraux colorés et ses grandes fresques peintes tout le long des murs, aux couleurs du Mustang, blanc, noir et rouge. Il y a un patio énorme, avec comme décor de fond, les montagnes et une petite école pour moines, qui compte 7 petites classes, très jolie avec une petite cloche d'alarme. Je l'imagine aussi en été, pleine de vie, avec le chant des enfants et les couleurs orangées de leurs habits...


Le meilleur du jour, a été sans aucun doute, la douche! Un seau d'eau chaude s'apprécie beaucoup au milieu des montagnes...je me suis douchée à la lumière d'une bougie, avec la vapeur, la lumière changeait selon la danse de la flamme....avec mon seau et ma carafe, je me suis même lavée les cheveux, j'avais la sensation de m'enlever des années...ça a été réconfortant et je me suis sentie nouvelle...Enfin, demain on posera le pied dans la capitale du Royaume, Lo Mantang. De là, je pourrai envoyer quelques nouvelles et dire que je vais bien à ma famille et les gens que j'aime, avec qui je n'ai pas pu communiquer depuis une semaine...ils me manquent beaucoup.

Graciela.

 
         
 

 
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11eme journée:


De TSARANG (3560m) à LO MANTHANG (3840m)

Enfin, nous arrivons à Lo Manthang, la capitale muraillée!

 
         
 

Mardi 13, le jour s'est compliqué. Je ne suis pas superstitieux, mais après la journée d'aujourd'hui je ne me fierai plus de cette date. Vous vous demanderez pourquoi je dis ça, pour commencer j'ai oublié deux chemises sales à l'hôtel de Tsarang, et de plus, ils nous ont raconté l'histoire, de comment on a coupé la main de l'architecte de l'ancien palace de cette ville. Ils lui ont coupé pour qu'il ne puisse pas reconstruire un si beau palace comme celui-là dans une autre partie du monde. La main y est conservée à l'intérieur, et ils me l'ont montrée.


Le chemin de Tsarang à Lo Mantang a duré 4 pénibles heures dûes au vent fort, au sentier difficile, parfois couvert de neige, et aux courbatures accumulées ces jours-ci. En réunissant tous ces facteurs, je ne pensais pas pouvoir arriver à la capitale du Royaume du Mustang, mais j'y suis finalement arrivé et j'y écris ce journal.
À Lo Mantang, on est logé à l'Hôtel Mystique Himalaya, qui est confortable, avec deux étages, une salle à manger, des chambres agréables, amples avec un luxe encore inconnu jusque là: L'ELECTRICITE!


Sur Lo Manthang, je peux juste vous dire que l'on a réussi à avoir internet, on en a profité pour envoyer de nos nouvelles à nos familles...qui devaient les attendre. Après être parti du Cyber (très cher), il a commencé à neiger, et vu le froid glacial, on a décidé de protéger nos vies en nous abritant à l'hôtel...demain nous partirons pour Trenkhar (Tinghar), et au monastère de Namgyal...Ce sont des villages proches de la capitale. Dans le premier village cité, se trouve la résidence du Rajá (Roi en népalais).


Rien de plus à vous raconter.

Derek.

 

 

«Seuls ceux qui ont marché avec ardeur pendant des jours et des jours, comprennent la qualité magique qu'attribue l'esprit au mot arrivée»

Ça y est nous sommes ARRIVÉS!


En marchant sur ce qu'on appelle la Plaine aux prières, ne voyant qu'une mer de montagnes...on s'est rapproché de Lo Manthang.
On aurait dit que le vent s'était fâché avec nous, il nous fouettait enragé pendant toute la fin du chemin, après 8 jours d'ascension et 4 heures de marche le vent de face, dans un silence absolu et assez épuisés, nous arrivons à la capitale du plus haut Royaume du monde...


Nous resterons ici quelques jours, il y a beaucoup à voir et à faire...le fait d'arrêter la vie de nomade 3 ou 4 jours, nous permettra de récupérer nos forces...On respire une bonne ambiance dans ce village, c'est très coloré et il y a de la vie. Les gens semblent assez amicaux et hospitaliers, ça donne envie de s'assoir sur n'importe quelle place avec les locaux et vivre un peu avec eux. J'ai eu la chance d'être un moment assise au soleil avec une vieille dame qui filait un tas de laine pure...ça a été un bon moment, en parlant sa langue locale...et le langage universel, celui des gestes.


Je pense qu'il y a beaucoup de choses à voir et à ressentir dans ce petit village, qui n'est autre que la capitale, voir ce qu'il se passe dans cette partie du Monde, où on dirait que le temps s'est arrêté...

 

Graciela.

 
         
 

 
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12ème journée:

LO MANTHANG (3840 m), VISITE DE TRENKHAR (3974m) ET DE NAMGYAL (3870m)

Premier moment de repos

 
         
 

Je me réveille dans la capitale du Mustang, après avoir passé une bonne nuit de repos...j'en avais besoin. Aujourd'hui le réveil a été spécial, parce que je n'ai pas eu à préparer l'équipement de trekking comme les autres matins, ni prendre avec moi mon sac à dos orange fluo pour la route que nous allons prendre aujourd'hui. Nous sommes allés à Trenkar (Tingjar), un village en montée, avec un petit monastère où l'on a pu voir des statues exposées sur un banc et quelques peintures. La peinture que j'ai le plus aimée, et que je voudrais partager, était une de 4 animaux ensemble, un sur l'autre. Un éléphant, un singe, un lapin et un oiseau.


J'aimerais vous commenter que c'est le village avec le plus de bovins au mètre carré que je n'ai jamais vu, parce que sans exagérer, j'ai pensé un moment que les habitants de ce village n'étaient que des vaches et quelques peu de dzos, il y en avait partout, jusqu'au moment où j'ai commencé à voir quelques personnes. D'un autre côté, ce village possède des arbres! Celui qui se trouve derrière le monastère est très grand, très beau, c'est le plus grand que j'ai vu dans tout le Mustang.


Après Trenkhar, en laissant le petit village de Puwa face au chemin par lequel on allait, nous avons marché jusqu'à Namgyal, un village à une trentaine de minutes de Lo Manthang, connu pour son monastère peint aux couleurs du Mustang, gardé, comme tous, par 2 chiens, un attaché et l'autre non, ce qui m'a fait un peu peur, il faut voir les molosses, les mâtins tibétains, pour savoir de quoi je parle, on aurait dit qu'ils nous surveillaient, heureusement que notre guide, Wanguyal, leur a crié dessus en népalais ou en tibétain, je ne sais pas trop, et il a réussi à les chasser et sincèrement j'étais plus tranquille à le savoir loin de nous...


Comme en Tsarang, ce qui m'a marqué, c'est le collège monastique du monastère. Après l'avoir visité, nous sommes revenus à Lo Manthang. Maintenant, nous allons manger, on fera un tour, et demain matin nous commencerons le repérage dans cette magnifique ville. On a toute l'information de ce qu'on veut et doit voir, mais on préfère le voir de nos propres yeux.


Pour finir la journée, on a passé toute l'après-midi à travailler sur notre projet, et je dois féliciter ma collègue Graciela pour tout le travail qu'elle fait et encore plus, parce qu'elle me prouve qu'elle est une grande professionnelle, mes derniers mots d'aujourd'hui sont pour elle: Bon travail collègue et continue comme ça!                                                                               

Derek

 

Lo Mantang, pur calme, mais aussi pur froid...ça fait 2 jours que nous sommes tranquilles dans ce curieux coin du nord du Mustang, je pense que elle n'a vraiment que le nom de capitale, avec ses importants monastère et palaces...sinon ça reste un petit village perdu, plein de charmes.


Petit à petit, au cours de ces 12 jours où nous nous enfoncions dans ce royaume, on a voyagé dans le temps, des années, beaucoup d'années en arrière...Comme le raconte bien Peissel "… le paradis perdu, la terre où des hommes vivent sans âge plus loin des limites de notre monde affairé et prosaïque, un lieu où le temps est suspendu, arrêté sur un univers secret, fermé." Cet endroit est vraiment comme ça.


Malgré l'altitude et le froid intense qui font que le séjour ici est un peu dur et difficile, parfois épuisant...c'est quand même un endroit agréable, où le temps passe vite et lentement à la fois, un endroit isolé de tout type de pollution...une fleur presque intacte. Le jour se lève toujours sous le soleil, et même si le froid est palpable et respirable, tout est beau. Ses maisons et ses rues sont de pierre, le bétail et les chevaux avec leurs clochettes se baladent librement et le enfants jouent entre les flaques...la neige sale et glacée est amassée. Les hommes et les femmes se réunissent en grand ou petit groupes dans les coins ensoleillés des places ou des ruelles, ils discutent, rient tout en filant les montagnes de laine pure, et ils méditent et prient tout en faisant tourner les moulins de prière et les chapelets...aussi, ils moulent des grains dans de grands mortiers incrustés dans le sol...Ils regardent passer l'hiver glacial avec le sourire et un calme inaltérable. Je sens qu'ils attendent le dégel, et que le vent froid arrête de leur fouetter ces visages si marqués et que les champs passent du blanc à un vert intense.
                                                                                                                    

Graciela

 
         
 

 
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13eme journée:

La vie à Lo Manthang.

 

 
         
 

Aujourd'hui, nous avons eu une journée chargée. J'ai encore dormi dans la capitale du Royaume, dans le meilleur lit de tout le voyage (ça fait déjà 2 nuits), j'ai eu du mal à me lever à la sonnerie du réveil, mais après 5 minutes de flemme, j'ai mis mes lentilles et je me suis levé.

La journée a été facile du fait que l'on devait faire le repérage dans Lo Manthang, qui même si c'est une capitale, n'est pas très grande. Que dire de cette jolie ville? Les gens sont aimables, il y a de la vie (ça doit être incroyable en juillet avec la chaleur)...c'est une ville labyrinthe complètement muraillée, située dans un endroit unique du Monde, d'ici on peut voir de grandioses paysages montagneux, enfin on y trouve de charmantes boutiques où l'on peut trouver des souvenirs typiques à ramener, des restaurants où tu as envie de gouter aux plats (nous nous conformons avec la nourriture de l'hôtel où nous sommes logés, l'Hôtel Mystique Himalaya).


C'est surtout son architecture qui m'a captivée. Spécialement, le palais du Roi, avec ses 108 chambres et ses superbes vues sur les monastères de la ville et les montagnes, où on a pu entrer, grâce au fait de connaître Jigme, le prince du Mustang. Mais aussi les 3 monastères, Thupchen Monastery, Tsechen Shedrubling Ling Mon Gon Lobdra et le Jampa Monastery, dans lesquels nous avons fait du repérage.


Pour ma part, celui qui m'a paru le plus beau et qui m'a le plus impressionné est celui de Thupchen Monastery, dès le premier instant quand j'ai vu ses quatre gigantesques statues et ses grandes portes en bois. On a pu prendre les statues en photo vu qu'elles sont dehors, à l'entrée du monastère, mais nous n'avons pas pu photographier l'intérieur, parce qu'il faut un permis spécial (ils nous ont demandé 100 $ l'heure, logiquement nous avons refusé, vu que quand nous reviendrons pour le tournage, nous aurons alors tous les permis), du coup, nous avons fait notre repérage à base de notes très détaillées et sans prendre de photos....vaut mieux tard que jamais.


Les 2 autres monastères m'ont plu, mais pas autant que le premier qui m'a vraiment captivé. Ce que je retiens du deuxième, c'est sa grandeur, son musée (dents d'éléphants, masques, planches d'écriture consacrées à la religion Bon, celle qui se professait ici avant l'arrivée du Bouddhisme, les habits de l'armée...) et les mâtins tibétains et leurs petits, chargés de le protéger (attention, de ne pas s'y aventurer sans guide ou sans quelqu'un qui les contrôle, ce n'est pas de la blague s'ils attaquent) et le collège monastique à l'intérieur.


A propos du troisième, c'est le plus grand de tous, avec 3 étages, Il est situé juste derrière du palais royal. C'est le plus ancien, il est connu pour posséder une énorme statue de Bouddha et une très belle porte en bois à la texture particulière.


Après toute ses sensations en rapport avec l'architecture monumentale, on a aussi fait une interview de notre guide dans son collège, vu qu'il est professeur. J'ai beaucoup aimé voir les gens si heureux de recevoir des ballons de baudruches que je leur ai donnés (je me demande des fois pourquoi il y en a qui ont beaucoup et ne s'en contentent pas, alors que d'autres sont si heureux avec un petit rien, c'est ce que la vie nous apprend en rencontrant des sociétés et des cultures si différentes des nôtres).
Après nous sommes allés acheter quelques souvenirs dans les boutiques. Dans l'une d'entre elles, nous avons fait une interview en anglais de son propriétaire (je ne vous raconte rien, vous pourrez le voir sur youtube dans quelques temps), on a aussi filmé une dame tissant, au style traditionnel.


Pour finir, nous sommes allés à l'unique endroit internet de la capitale, avec mon ordinateur et un câble modem, pour essayer d'envoyer quelques photos, mais ça n'a pas été possible, à cause du poids des photos Après plusieurs essais, nous avons abandonné, on est allé chercher notre clé USB, pour pouvoir envoyer nos carnets de routes et les diffuser sur la page internet que vous êtes sûrement entrain de lire. Après une heure et 4 minutes à envoyer nos carnets, lire nos mails et profiter un peu d'internet, ils nous ont fait payer très cher, pour un endroit au Népal, même cher comparé à l'Europe (5 euros de l'heure, avec une très mauvaise connexion).


Nous sommes rentrés nous reposer à l'hôtel jusqu'à maintenant, 18h, l'heure à laquelle on peut se mettre au travail en profitant des 3 heures d'électricité de cette ville.


Salut et à la prochaine.

                                                                               

Derek

 

Nous sommes dans l'unique tea house ouverte en hiver....quand on ne fait pas de repérage, on passe notre temps à nous balader ou à discuter avec les locaux, collés au poêle, en attendant qu'il soit plein de bouse sèche pour pouvoir se réchauffer et relaxer nos muscles et notre corps.


Nous n'avons quasiment pas croisé de touristes pendant tout le voyage, mais comme ici c'est la capitale, un mélange diversifié s'y rencontre....un type avec un groupe qui valorise le lieu pour peut être en faire patrimoine de l'UNESCO (moi je dirais que oui), un français amoureux du Tibet, deux anglais quelque peu hautains....et nous deux.


Tous les autres sont des népalais qui travaillent, des guides ou des porteurs...et la chef de la cuisine qui nous nourrit tous avec des plats faits maison et chauds....Le principal protagoniste de cet endroit est sans doutes le petit poêle en fer, qui soutient théières et casseroles, et nous réunit tous autour de lui.


À 18h, l'électricité arrive, ce qui nous permet de recharger les batteries et l'ordinateur et nous laisse travailler un peu, jusqu'à 21h, extinction des feux! C'est comme ça la vie ici, entre les montagnes et à 4000 m d'altitude.
Hier, nous avons marché jusqu'à Trenkhar qui est juste à 2 heures (ça fait du bien de marcher sans sac à dos) pour visiter le palais d'été du Roi, ce fut une agréable promenade par les sentiers de la montagne tout en longeant la rivière complètement gelée. Au retour, nous sommes montés sur une colline et nous sommes passés par Namgyal, un joli et grand monastère gardé par deux féroces mâtins tibétains, pendant la période froide, ce sont les seuls habitants avec les gardiens, mais dans moins d'un mois tout ça sera rempli d'enfants, de moines et de lamas donnant de la vie à cet endroit situé au milieu des montagnes...


Aujourd'hui nous nous sommes promenés et avons repéré le village et ses impressionnants monastères et palais royal. Je suis restée sans voix devant les monastères, construits il y a de ça très longtemps. Tout est rempli d'imposantes statues de Dieux et antiques peintures rongées par l'humidité..tout éclairé par une lumière magique qui pénétre à travers les fenêtres du toit et se filtre sur les énormes piliers en bois (il y a des siècles, il y avait ici de grands bois et ils construisaient avec de grandes poutres en bois, maintenant tout est désert).


Le palais royal est étonnant, avec ses 108 chambres et une grande terrasse à laquelle nous avons pu accéder grâce à un permis spécial délivré par le prince Jigme, d'où on peut contrôler tout le village et contempler de magnifiques vues.


Nous avons aussi visité le musée des herbes médicinales, très intéressant, nous avons appris que Lo voulait dire « les habitants de», et Mantang, «terre d'herbes». Nous avons terminé la visite dans la maison des gardes du musée, par un Realty tea, qui est un des merveilleux et connus par ici, thé salé...ça a été dur de le boire, en craignant tout le temps la petite dame qui me menaçait avec une théière à la main, de me re remplir ma tasse toutes les 5 minutes.
Nous avons terminé la matinée, au soleil sur la place, entre les femmes qui tissent assises sur du cuir et les enfants qui rigolent derrière leurs visages joufflus et rouges...les femmes curieuses ont fait leur enquête pour savoir combien de pantalons je portais à la fois, on dirait qu'elles m'ont gagné, l'une d'entre elles en portait 3 plus une grosse jupe, mi je n'en portais que 2, parce que je n'en avais pas d'autres....


Demain, nous prendrons des chevaux pour parcourir les villages qui nous manquent au nord et des grottes et nous reviendrons dans la journée, Wangyal dit que «no problem»...moi j'ai mes doutes, faut voir comment on s'en sort au galop sur ces petits chevaux poilus tibétains, je dois admettre que je n'y crois pas...mais comme on est des aventuriers....


Namaste depuis les hauteurs! Subaratry (bonne nuit)


                                                                                                                    

Graciela

 
         
 

 
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14ème journée:

À cheval!

 

 
         
 

Nous nous réveillons encore une fois dans la capitale du Mustang, avec un temps ensoleillé et sans vent...ce qui est très rare à ce moment de l'année, pour cela nous sommes très contents. Après déjeuner, nous décidons aller à cheval à l'aire de Chosar (Chhoser), où nous avons fait du repérage dans le monastère de Garphu, qui ne m'a pas beaucoup marqué. Nous avons aussi vu, à Nyphu, un monastère excavé dans la roche. C'était une grande grotte! J'ai beaucoup aimé, c'était la première fois que je voyais un monastère-grotte. Puis, nous sommes allés voir les grottes de Chong, qui ne sont pas très loin de Nyphu, creusées dans un mur et aux vues magnifiques (3 enfants-moines nous y ont conduit, les mêmes qui nous ont fait visité le monastère-grotte).


Je vous dirai que pour mi, ça a été le meilleur jour de tous (pas le plus impressionnant), parce qu'il avait un temps incroyable et pour être aller à cheval à tous ces endroits, j'adore monter!
De plus, ça nous a permis de gagner une journée de marche, vu qu'on a pu tout faire dans la même journée. Que dire de la balade? Rien de plus que ça a été hallucinant, surtout pour les paysages qui des fois ressemblent à des décors, on essaiera d'envoyer des photos. Mais aussi, pour avoir quelques fois galopé, une expérience qui me plaît chaque fois un peu plus, même si c'est sur des petits chevaux tibétains.


Nous sommes retournés à Lo Manthang, assez tard, nous avons mangé à 16h (imaginez la faim que l'on avait depuis 8 heurs du matin). Nous nous sommes douchés après 4 jours sans avoir pu le faire pour pouvoir sentir bon, ça devenait nécessaire.


Comme il faisait beau, chose incroyable, on a pris le soleil jusqu'à ce qu'il se couche, on l'a poursuivi toute la journée, on était les 1ers sur la place (là où se trouve le centre internet), quand il s'en allait, on est allé dans la rue principale (là où se trouve l'hôtel) pour profiter de quelques rayons de plus. Quand il est parti, nous sommes rentrés à l'hôtel nous reposer (peu de temps) et on s'est mis au travail sur notre projet en buvant deux chocolats chauds.
PS: On verra si on a de la chance et qu'il continue de faire beau, très belle expérience!

                                                                               

Derek

 

Aujourd'hui, ça a été un de ces jours dont je sais que je m'en souviendrai toujours. On est monté dans les montagnes, sur des petits chevaux tibétains au rythme de leurs clochettes....Quelle merveille! Je me sens vraiment chanceuse. À 8h du matin, les chevaux étaient scellés et le soleil brillait, nous sommes partis vers Chosar, vers le nord du Mustang, en direction du Tibet...Une mer de montagnes s'ouvrait devant nos trots et j'ai encore eu l'impression d'être dans un décor. On a traversé une large rivière, sans savoir à quelle profondeur allait s'enfoncer le cheval, et sans savoir si j'allais m'y enfoncer avec, à vrai dire j'ai eu plus peur pour mon appareil photo que pour moi même.


Nous sommes entrés petit à petit dans un paysage de roches rouges, derrière cette montagne se trouve le Tibet. Le premier arrêt a été le monastère de Garphu, et un peu plus loin on s'est arrêté à un autre plus grand, le monastère de Nyphu. Trois petits moines nous ont reçu, tout de rouge vêtus même au moindre petit détail, le plus âgé ne devait pas avoir 11 ans, «the three little monks», on aurait dit un groupe de rap avec leurs poses de petits hommes qui laissaient échapper leur innocence enfantine en se laissant prendre par le jeu du cerceau et du bâton...


On leur a fait une petite interview rigolote et plus tard je les ai filmés en train de lire le mantra dans la salle de méditation, très beau moment. Le monastère est très beau, et il possède une grande école monastique. Il est à moitié construit dans une grotte et depuis la terrasse on peut voir d'incroyables vues d'un immense horizon plein de montagnes...


Un peu plus loin, nous avons visite la grande grotte de roche rouge, Wangyal et moi l'avons explorée toute entière, ses 5 étages et petits recoins, une espèce de labyrinthe excavé dans la terre avec des milliers de petites salles obscures avec des fenêtres donnant sur le vide....hallucinant!


Pour achever la journée, de retour à l'étrange paysage qui me rappelait encore une fois les failles de Bandiagara au Pais Dogon et à ses petits hommes rouges, on nous salue d'une maison et nous crie «Namaste, tea?», bien sûr que oui, ce sont les arrêts qui me plaisent le plus. En descendant du cheval, je percevais quelque chose de bizarre, une petite musique de fond et ici, il n'y a pas beaucoup de radios...quelle fut notre surprise à rencontrer une grande agitation, en entrant dans le patio de la maison, on sentait que quelque chose se passait, des visages souriants me poussaient dans une salle pleine de gens qui chantaient à l'unisson, cette petite musique étrange, jolie, envoûtante...Tous chantaient «om mane padme om...om mne padme om...».
Ils nous ont invité à nous assoir avec eux, dans la salle ça chante, ça sert du thé et des pâtisseries sans arrêt...sans nous en rendre compte, on est immergés dans une espèce de bulle magique, une espèce de transe, avec une lumière étrange, beaucoup de gens, la fumée de l'encens et les bougies allumées...incroyable!


C'est une très belle célébration, Wangyal nous a raconté à voix basse, qu'elle a lieu deux fois dans l'année, tous les villageois se réunissent pour méditer et prier, et pour prendre le thé tous ensemble...Quelle chance on a eu de passer par là à cheval au milieu de rien, par hasard lors d'une de ces deux fois dans l'année!


J'étais tant émerveillée et je me laisse aller si facilement parfois, prise dans cette espèce de transe de laquelle il était difficile de sortir, je sens qu'on pose mes mains autour d'une terrine et un homme y verse une eau épaisse et jaune, eau bénite, qui selon ceux que j'ai vu qui passaient avant moi, se boit un peu et le reste ils se le versent sur la tête, c'est à mon tour, je les imite, je bois, une étrange saveur coule dans ma gorge, et mon front est rafraîchi, je me sens bien. Wangyal me dit que c'est comme une communion bouddhiste...j'ai adoré, j'ai surtout aimé comment ils nous ont accueilli et nous ont inclus à la célébration si souriants et avec tant de normalité....très beau, j'ai beaucoup aimé, très belle expérience, si authentique...«om mane padme om...».                                                                                                                    

Graciela

 
         
 

 
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15ème journée:

YACKS ET NOMADES

 
         
 

Nous nous levons très tôt un jour de plus à Lo Manthang (6h du matin) pour pouvoir partir à la recherche des yacks et des nomades. Nous avons fait l'excursion à cheval parce que c'était de la folie de la faire à pied vu la distance et les pentes abruptes du chemin. Nous sommes montés par des rochers escarpés enneigés et à grande altitude. On a eu un peu peur quand parfois les chevaux semblaient glisser, je n'imagine même pas si on lavait fait à pied.

Après être montés plus de deux heures par des paysages très beaux et ardus nous avons rencontrés les yacks. Nous sommes descendus des chevaux, on a monté une cote raide et on était entouré par ces magnifiques et énormes animaux...on s'est photographié avec eux, mais on a aussi fait des photos d'eux tout seuls.


Au milieu de ce paysage où les montagnes se déploient, nous pouvions apercevoir au loin Dolpo, une région de trekking, et un des lieux où vit encore le léopard des neiges.


Après avoir approché et joué avec ces animaux si particuliers, nous sommes descendus vers un camp nomade formé de 9 tentes. Nous sommes entrés dans l'une d'entre elles, surveillée par un chien attaché qui n'arrêtait pas d'aboyer, ce qui ne me sécurisait pas du tout. Dedans, nous avons bu deux types de thé, u thé traditionnel avec sel et beurre et un autre, thé noir. Je vous conseille de ne jamais gouter celui au beurre, mais de plutôt choisir le thé noir.
Dans la tente, nous avons filmé et photographié la vie en son intérieur. Nous avons une vidéo, où l'on peut voir une femme moudre du seigle près du feu du poêle. On a parcouru tout le campement et juste quand on allait entreprendre le chemin retour, nous nous sommes rendu compte qu'on avait oublié une gourde dans la première tente, la 2eme des 9 qu'il y avaient. Je me suis offert comme volontaire pour aller la chercher, j'avoue l'avoir regretté assez vite, pour aller la chercher il me fallait remonter un peu, il m'était difficile de marcher à cause de l'altitude, à plus de 4000 mètres, mais le retour a été plus facile grâce à la descente.
Nous sommes remontés sur nos chevaux, et après avoir marché au pas tout le trajet, parce que le chemin l'imposait, on a pu trotter et galoper vers notre destination, la capitale du Royaume perdu. En arrivant, nous sommes allés directement au centre internet pour envoyer nos carnets de royte, mis à jour, et j'en profite pour envoyer un mail à ma copine qui me manque beaucoup.


On a mangé et je suis venu me reposer dans ma chambre, mais après avoir écouté de la musique, je me dis que j'ai envie et besoin d'appeler ma copine, en plus c'est la dernière opportunité vu qu'après depuis les autres villages, je ne pourrai pas. Je suis revenu dans ma chambre après l'avoir appelé, je me relaxe jusqu'à ce qu'arrive ma collègue Graciela, et nous descendons ensemble travailler sur notre projet.


PS: Demain nous partons de la ville des aigles (j'en ai vu 7) et des magnifiques temples.


 
Derek.

 

 

...Dernière journée à Lo Mathang»

Quand le réveil a sonné à 6h, ça a été dur de sortir du sac de couchage et des trois couvertures qui m'écrasaient chaque nuit pour retourner dans le froid, mon pire et unique ennemi dans ce Royaume, grand guerrier contre qui je lutte jour après jour depuis que nous sommes dans ces montagnes magiques...
Nous avons scellés les chevaux et comme trois cavaliers matinaux, nous nous abandonnons dans cette mer de montagnes au loin de la capitale, en direction du Tibet...J'aime ces chevaux, ils n'ont rien à voir avec ceux que j'avais l'habitude de monter quand j'étais petite...Ils sont très petits et poilus et la monture est de bois recouverte avec des couvertures rayées de couleur, chacun d'entre eux porte une petite cloche autour du cou et émet une jolie mélodie qui se joint à celle des autres...Ils ont les crinières tressées avec des rubans ou avec des bouts de drapeaux de prière aux couleurs intenses et la queue nouée à deux tresses unies par un ruban coloré.


À l'inverse de quand nous marchons, je suis toujours la dernière...je crois que mon cheval est le plus vieux et moi, la plus prudente, je préfère aller doucement pour pouvoir prendre des photos tout en étant accrochée à mon appareil et je fais attention à ne pas m'ouvrir la tête à 4000m d'altitude au milieu de rien...Nous nous dirigeons vers un camp nomade et leurs yacks dans leurs prés. J'ai le sourire aux lèvres, depuis que l'on a commencé le voyage, je me demande où ils se trouvent et si on arrivera à les voir, enfin il semble que nous partons à leur recherche. Je suis très intéressée de découvrir comment vivent ces gens au milieu des montagnes, comment ils se débrouillent, voir un yack pour de vrai (pour l'instant, nous avons vu que des dzos qui sont un croisement de yack et de vaches, ils sont plus petits et moins poilus que les vrais), et surtout voir ces tentes en peau de yack, avec un poêle à l'intérieur, qu'habitent ces bergers nomades, ces yourtes me rappellent quelque chose de spécial...


Le chemin est magnifique...On a encore sauté dans un rêve, dans un merveilleux décor...c'est comme être dans un tableau! Nous laissons Lo Mathang derrière nous et nous nous submergeons dans milles collines, en haut et en bas, en regardant toujours el Dolpo, vers le plateau tibétain. La maîtrise du trot anglais que j'ai appris étant petite, ne me sert pas à grand chose à part laisser mes reins sur ce petit cheval tibétain au trot nerveux et sans contrôle....Malgré cela, je suis enchantée, cavalière de l'Himalaya, atteignant les horizons, je jouis réellement de me balader à cheval comme les gens locaux. Derek est encore plus qu'enchanté, il est heureux et part de temps en temps au galop devant Wangyal.


D'un coup, au loin, hou hou hou...comme des indiens d'Amérique qui se distinguent des nouveaux peuples, on aperçoit un campement de tentes, on les a trouvées!...Ce sont des tentes comme des yourtes, mais plus carrés, et un peu plus haut, sur le versant de la montagne, on voit un grand troupeau de yacks...Nous nous y rendons pour prendre des photos et les voir de près, et vivre cette rencontre...nous arrivons en file indienne, à cheval sur un sentier rocheux, falaise à notre gauche, falaise un peu plus modérée vers la neige gelée à notre droite, en sachant que notre vie est en danger, je confie toute ma vie sur mon équilibre et la foi en un animal que je connais à peine et que je ne connais que depuis deux jours....on avance...«je ne regarde pas en bas» dit Derek. Moi si je regarde, et ça me fait encore plus peur, mais comme disent les bouddhistes, pour avoir confiance en la vie il faut faire la paix avec la mort.
Enfin, nous nous trouvons dans une prairie au milieu d'un troupeau de yacks, avec des pics et des montagnes comme décor de fond...je m'immerge dans le troupeau pour faire des photos de ces imposants et poilus animaux. Après nous descendons au camp, avec de la chance une de ces familles nomades nous invitera à boire un thé à la chaleur de sa demeure. Depuis la seconde tente, on nous lance un namaste et on nous invite à entrer, je crois qu'ils sont aussi curieux que nous...Nous entrons dans la tente, à l'entrée un gros mâtin aboie, heureusement qu'il est attaché vu son énorme gueule...Ici,mils utilisent ces mâtins comme protection..on en voit dans tous les monastères...mais aussi dans chacune de ces tentes...ils les attachent le jour et les lâchent la nuit pour mieux monter la garde.


Sur les cordes des tentes, des tripes, de la viande, et deux petits moutons dépouillés sèchent au soleil. Ce qui m'impressionne le plus en entrant, c'est la lumière tamisée qui passe à travers les trous de la toile faite de laine de yack et celle qui entre par l'ouverture du toit, mais aussi, m'impressionne la chaleur du foyer, que je n'ai ressenti dans aucun autre endroit ici, un petit poêle chauffe tout l'espace, mais aussi des théières et des casseroles, une dame moud du grain avec un moulin en pierre qu'elle fait tourner sur le sol et elle fabrique une fine farine (elle la fait à base d'orge et de seigle, qui sont la base de leur alimentation, ça s'appelle Tsampa), le son est captivant et son visage est rond et souriant....


Une autre dame et un enfant, méfiants, nous regardent curieusement et j'ai de suite dans ma main une tasse du redouté thé de sel et de beurre, je le bois à grosse gorgée pour qu'il passe vite, et je fais attention à ma tasse connaissant leur manie de te remplir la tasse dès que tu en as un peu bu. Qu'est ce qu'ils sont tranquilles, quel savoir faire et quel regard plein de calme...ils m'ont émerveillée. On leur fait une petite interview, ils s'y prêtent avec beaucoup de rires et nous expliquent un peu leur mode de vie, les femmes restent dans les tentes pour s'en occuper et les hommes sont dehors pour amener leur troupeau paître....ils vivent comme ont vécu les autres générations. Quel beau moment!


Durant l'après-midi, je suis allée me promener dans Lo Manthang et j'ai fini assise au soleil sur la place, à discuter avec un brésilien d'âge moyen, un voyageur solitaire, avec qui j'ai eu une conversation agréable, après je suis restée avec les femmes qui tissent tout en faisant tourner leur moulin à prière et j'ai fait les dernières photos de ce village coloré aux gens aimables et amicaux....J'avoue que je les ai trouvés beaucoup plus accessibles dans la capitale que dans les autres villages où ils t'ignorent plus ou te lancent des «No money, no photo», j'ai comme règle d'or de ne jamais payer pour une photo, j'ai réussi à faire des photos et à avoir de bons rapports avec les gens, ce que j'ai su apprécier.

 

 

Graciela

 
         
 

 
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16eme journée:

Adieu Lo Manthang

 
         
 

Dernière matinée dans notre hôtel, ça me fait de la peine, je commençais à m'y plaire et à m'y sentir comme à la maison. Les délicieuses nuits dans ce merveilleux lit recouvert de mon sac de couchage et de couvertures pour survivre au froid de la capitale, se terminent. La connexion à internet pour communiquer avec nos familles se termine aussi.


On ne verra plus ces gens si aimables, ces monastères où tu te sens surveillé par les statues et les mâtins, le palais du Roi où on a pu entrer grâce au prince du Mustang...Aujourd'hui, après deux jours à cheval, nous avons repris la route à pied avec nos sacs à dos orange fluo...j'ai encore du mal à m'adapter à l'altitude. Même si on a passé une bonne journée, accompagnés par le soleil jusqu'à 18h, ce qui a été surprenant après le froid qu'on a subi...on dirait que le printemps arrive...


Nous nous sommes levés tôt vu que la route d'aujourd'hui durait plus de 5 heures et demi jusqu'à notre prochaine destination Yara, village construit en pisé et divisé en deux (une partie en bas et une autre en haut où nous logerons), avec quelques chortens, un petit collège local et une tea house qui permet les tentes de camping (c'est l'unique de tout le Mustang).


Au début, nous avons pris un chemin dangereux, aux descentes abruptes où j'ai réussi à tomber 3 fois mais heureusement il ne m'est rien arrivé et je suis bien...je pourrai continuer d'écrire ce carnet. Après avoir surpassé ce chemin, nous sommes arrivés à Dri (Dhi) au bout de 4 heures. Nous nous sommes arrêtés pour manger dans une maison (Hira Camp), où ils ont beaucoup tardé à nous servir, et la nourriture n'avait rien d'exceptionnel. Dri est un très petit village, juste en face, de l'autre côté de la rivière, se trouve un autre village, Sunchar à 5 minutes, avec des chevaux et des vaches comme dans les autres, à la différence qu'il a un centre médical.
Ces deux villages se trouvent sur les rives du Kali Gandaki, la rivière tant citée par Peissel, celle qui donne la vie à tous les villages du Mustang.


Après avoir mangé à Dri, nous avons marché tout en suivant le Kali le long d'un canyon, la balade est hallucinante et recommandable. Puis nous avons dévié, pour arriver à Yara, où nous sommes et d'où je vous écris, chers lecteurs. Ce village est un arrêt obligatoire avant Lori Gompa. Il n'y a pas beaucoup de vie mais l'hôtel est convenable...c'est le seul qu'il y a donc il faut bien faire avec, on espère que l'excursion de demain au monastère de Lori en vaudra la peine.


À demain.                                                                               

Derek

 

Ce matin nous avons laissé dans nos dos et dans nos mémoires, la capitale du Mustang, la capitale du Royaume. Nous sommes partis sous le soleil et en bonne compagnie, vu qu'un français et ses trois porteurs allaient dans la même direction, on a décidé de faire la route ensemble. En tout, on était un groupe de 9 personnes, que des hommes, à part moi. J'avoue que je me sens forte, je ne suis jamais à la traîne et que même des fois autant d'homme me fatigue.
Aujourd'hui, on dirait que le printemps est arrivé, il a fait un temps spectaculaire, on peut même dire que le soleil nous chauffait. A 4000 mètres, on est plus près de lui, une bonne ambiance s'en ressentait, on était tous contents. Ô grand astre qui chauffe le corps et l'âme! Le chemin a été magnifique, on est passé par des sentiers étroits à travers les montagnes, survolés par des aigles qui allaient et venaient et parcouraient en peu de temps ce que nous tardions à faire pendant des heures. Si j'avais des ailes!
Nous nous dirigions vers les districts orientaux et méridionaux du royaume, une zone située sur les berges du Kali Gandaki où ces petits villages se trouvent dans de profonds canyons. On est encore entouré de magnifiques paysages...entre des hauts murs silencieux...on a aperçu le premier village Dri sur les berges du Kali, une grande extension de potagers très ordonnés. On l'aperçoit d'en haut, on a dû y descendre par une grande côte qui rejoint le village. On est arrivé à une maison de cuisine locale , on me confie une petite fille de quelques mois pour que je la tienne au soleil à travers la vitre et qu'elle en reçoive son énergie....elle me rappelle mon neveu Noam qui me manque énormément et mon âme de tante Grachi se met à fleur de peau, j'ai tellement envie de le serrer dans mes bras. Nous avons mangé des chowmein, spaghettis chinois accompagnés de légumes, ce qui a été notre base alimentaire ici, alors que les locaux, eux, ont commandé du dal bhat, du riz avec de la sauce piquante. Nous avons repris la route sous le soleil de l'après-midi, destination Yara, objectif final du jour.

Nous avons traversé un ruisseau qui resplendissait avec le soleil et m'offrait une très belle image de femmes qui lavent et d'enfants qui jouent dans l'eau. La température est toujours aussi chaude et l'humeur des marcheurs est plus que bonne, nous riions et nous marchions dans le lit du Kali Gandaki, en nous enfonçant petit à petit dans des gorges....Des canyons où habitent le silence et le calme et d'où on peut voir des grottes excavées de je ne sais combien de temps en arrière, ni de qui les a faites.


Je marche tout en regardant le sol, et d'un coup je me souviens, saligrams! Un moment plus tard, je trouve une petite pierre ronde noire qui m'émeut comme si c'était un trésor. D'après ce que j'ai lu, el Kali Gandaki était autrefois un grand océan, ce qui explique la présence d'autant de pierre fossilisées, elles sont noires et on trouve dans leur intérieur une forme de spirale comme un escargot, les saligrams. Je suis contente avec ma pierre noire et magique à la main, je continue de marcher entre les canyons, sous l'impressionnante lumière de la tombée du jour et on arrive à destination, Yara, un tout petit village de pisé, rempli de pasteurs qui surveillent leur bétail...le soleil brille toujours.
Le village se dresse entre deux contreforts de pierre, et après un seau d'eau tiède qui me sert de douche, je prends un thé tout en contemplant le coucher du soleil....je fume ma première cigarette depuis 14 jours, l'altitude me permet enfin ce plaisir, pendant ce temps je vois le soleil se coucher derrière un pic triangulaire. Une masse pyramidale qui offre une vue magnifique devant mes yeux...je me sens chanceuse devant tant de beauté et remplie de liberté et de paix. Je pense que le printemps s'avoisine et je me sens plus heureuse quand le soleil chauffe...
                                                                                                                    
Graciela.

 
         
 

 
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Día 17:

Visite à LORI GOMPA

 
         
 

Nous sommes partis de Yara pars une journée printanière, la meilleure de toutes jusqu'à aujourd'hui, en empruntant le lit du Kali Gandaki. Pendant que nous marchions tranquillement par le canyon dont le centre se trouve dans la rivière, j'avais la sensation d'être observé depuis les grottes. Ce chemin a marqué la fin de mon bâton de trekking (maintenant j'utilise celui de Graciela avec sa permission), et après 2 heures de marche, nous sommes arrivés au monastère de Lori Gompa.

Il est excavé dans la roche à 4005 mètres d'altitude. Il se divise en deux, le monastère dans la roche dont je viens de vous parler (l'original) et l'autre qui est plus bas près du Kali à 3800 mètres, beaucoup plus récent. Lori Gompa appartient à la Secte bouddhiste du Dragon, née à Bhutan, c'est ici, il y a quelques centaines d'années, qu'un roi de Loba s'est marié avec une princesse bhoutanaise. Ici, j'ai vu un des plus grands et des plus beaux chortens de tout le voyage, ou mieux dit, de toute ma vie. La couleur rougeâtre qui caractérise les monastères le différencie des grottes d'à côté et laisse entrevoir des vues magnifiques. Peissel, l'avait déjà dit, d'ici on peut voir le Dhaulagiri, qui mesure plus de 8000 mètres, près de l'Annapurna, la porte d'entrée au Mustang, au travers du canyon qui ouvre l'Himalaya. Moi qui ai eu la chance et le plaisir être allé à Lori Gompa à 4500 mètres, je peux vous confirmer qu'on le voit et que c'est impressionnant. Si un de vous a un jour l'opportunité et le plaisir de les contempler, autant le monastère que la montagne, je pense que vous ne l'oublierez jamais.

Dans le monastère, nous avons fait une interview de Sonam Yeshi Gurung, maître de l'école monastique, il nous a parlé de sa ville, Tangye, et tout ce qui est en rapport avec le monastère (très intéressant). Il nous a aussi invité à une soupe de «noodles» un poil piquante.

Au retour, nous avons marché plus facilement tout en suivant la rivière, mais pas par le lit, en s'arrêtant comme prévu au village de Ghara pour déguster un thé avec des galettes et goûter au Mustang Cola (beaucoup plus sucré). Pendant tout le chemin et tout le temps pendant lequel je contemplais le Dhaulagiri, je me suis senti surveillé par ces gigantesques montagnes. Maintenant, nous sommes de retour à Yara. J'ai pris le soleil jusqu'à 18 heures (l'heure à laquelle il se couche), puis nous nous sommes mis au travail avec l'ordinateur. On nous a amené le dîner pendant qu'on travaillait, ensuite, je voulais faire une partie de dés avec un voyageur français que nous avons rencontré sur la route, ses accompagnateurs népalais, Wangyal, notre guide et Graciela...mais ça n'a pas été possible, parce qu'il y avait des danses populaires organisées par des femmes.

Je dois avouer, et j'en suis désolé, que les danses n'ont pas été très intéressantes, même Graciela s'est échappée pour fumer et contempler les étoiles. A un moment, j'ai dû aller danser, et je me suis intégré un peu plus, mais en général ça a été un peu ennuyeux. Après un peu plus d'une heure d'ennui, nous sommes rentrés nous reposer et dormir pour pouvoir partir demain matin à Tsarang.

                                                         

Derek

 

Je suis assise sur une peau de mouton, sous le porche de la tea house tout en regardant l'horizon et en savourant des derniers rayons de soleil. On entend les troupeaux qui rentrent, des voix d'enfant lointaines et les chèvres...ce qui rompt le silence.


Nous avons encore passé la journée en marchant dans les gorges et par le lit du Kali jusqu'à arriver à Lori Gompa, l'un des monastères le plus beau et le plus singulier de tout le Mustang. Après plus de 3 heures de route, nous avons aperçu, excavé dans le mur, un magnifique monastère. Il est entouré de grottes au centre d'un des plus grands murs du canyon. C'est un petit labyrinthe de grottes, comme une grande ruche, où en son intérieur, se trouvent pleins de petits temples. En franchissant la lourde porte en bois d'un de ces temples, nous sommes entrés dans une grotte qui garde le chorten le plus particulier de tous ceux que j'ai vus par ici, tout orné de fresques délicatement peintes. Une petite fenêtre laissait pénétrer un faisceau de lumière qui illuminait tout l'espace comme si c'était irréel.


Nous sommes tous restés muets , comme contemplant un trésor, admirant le magnifique chorten vieux de plus de cent ans. La coupole de la grotte est aussi peinte de très belles fresques de fleurs de lotus, de petits mandalas et reproductions de Dieux. Il y a un grand mantra écrit sur le mur «om mane padme om», une pure beauté. Nous avons fait le tour tous ensemble du chorten et sommes sortis en silence.


J'en profite pour expliquer un peu ce que sont les chorten ou les stûpas, qu'on a vus par centaines dans ce voyage. C'est un monument funéraire, qui selon la tradition, est dérivé de la tombe de Bouddha. Sur une base carrée de couleur rouge (qui représente la terre), s'élève un grand hémisphère blanc (l'eau) avec quelque chose similaire à une aiguille (le feu) couronné par une demi-lune (l'air) et un disque solaire (l'espace). Ce type de monument garde les accès, les entrées aux villages et hameaux de tout l'Himalaya. Les stûpas, de plus grande taille, peuvent loger des enceintes décorées de mandalas et de peintures iconographiques. Beaucoup sont édifiées en honneur d'un défunt, dans lesquelles ses cendres sont gardées. Il y en a des grandes, des petites, isolées, dans les villages, sur les chemins, dans les monastères...


L'homme qui garde tout le Lori Gompa, réside dans le monastère d'en bas, le plus récent. Il est professeur de l'école monastique (séminaire), il y vit avec ses deux uniques élèves et son fils. Il s'est prêté,très flatté, à une petit interview, il nous a raconté des choses très intéressantes à propos de ce coin perdu et tranquille. Son calme et son doux regard dominaient l'atmosphère, dans ce lieu chauffé par un petit poêle et dans lequel entraient deux faisceaux de lumière par la fenêtre du toit. Au retour nous sommes passés par Gara, un autre joli village de pisé que nous avons laissé derrière nous en suivant le chemin, teint de marron jaspé et aux milles montagnes.


Pendant la nuit, les femmes du village et quelques hommes viennent jusqu'ici, pour chanter. Ça a été amusant un instant, toutes les femmes en file vêtues de la même façon. Elles sont toujours habillées de l'habit traditionnel, une tunique croisée devant et un tablier de rayures de couleur qu'elles font elle même, de pure laine, qu'elles se mettent autour des reins noués par une ceinture rayée, elle aussi, aux ornements turquoises, et aux longues tresses noires. Très timidement, elles chantaient des chants antiques, sans s'arrêter de rire, en faisant du bruit avec la bouche et les pieds. Plus tard, ce sont les hommes , qui plus rudes, faisaient danser tout le monde, moi, pour être sincère, je trouvais la fête un peu longue, j'ai profité d'un moment de chaos, quand ils dansaient tous, pour sortir, dans une totale obscurité, pour contempler l'immensité du ciel, plein d'étoiles qui brillaient jusqu'à l'horizon. Je me suis sentie toute petite et encore un fois, heureuse....subaratry!
                                                                                                                    
Graciela.

 
         
 

 
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Día 18:

De nouveau à Tsarang

 
         
 

Nous sommes partis aujourd'hui de Yara (village à l'arrêt obligatoire en chemin à Lori Gompa) jusqu'à Tsarang. Nous sommes partis tôt, laissant derrière nous un des plus beaux monastères où je n'ai jamais été: «LORI GOMPA», un lieu qui m'a captivé, j'insiste en disant que si vous avez le plaisir, un jour, de le visiter, je suis sûr que vous serez captivé et fasciné comme moi.
Nous avons marché et marché en longeant le Kali Gandaki, et je me sens encore une fois observé par le canyon rougeâtre. Nous avons poursuivi la route jusqu'à arriver à un arrêt où il y a juste une tente; c'est un arrêt pour tracteurs et camions (tea shop), comme à cette époque de l'année il n'y a pas beaucoup d'eau dans la rivière, on les vois passer par le chemin du Kali. Il est possible qu'un jour nous prenions une de ces deux options, nos jambes nous en remercieront. Par hasard, à l'arrêt nous recroisons Patrick, un français très sympa qui voyage seul, accompagné de son guide et de ses deux porteurs. Aujourd'hui il descendait en tracteur jusqu'à Jomoson, c'était triste de lui dire adieu pour toujours, nous avions un peu vécu ensemble à Lo-Mantang et en arrivant à Yara, on aurait dit quelqu'un de la famille...même s'il nous doublait en âge, on avait de l'affection pour lui, et personnellement nous dire au revoir m'a fait de la peine.


Nous nous remettons à marcher, enfin, à monter, à grimper par un versant de la montagne très abrupt (sans chemin, ni sentier), où j'ai glissé et suis tombé deux fois, mais ne vous inquiétez pas, je ne me suis pas fait mal. En vrai, la côte a été très dure...mais j'ai réussi et je peux le raconter maintenant.


Epuisé, alors que je savourais la satisfaction d'avoir pu atteindre le sommet, je fus surpris de voir que notre destination Tsarang, se trouvait juste à cet endroit, d'où je vous écris maintenant. Dans cette ville, nous sommes hébergés dans le même hôtel que la première fois, nous nous sommes douchés à l'eau fraîche, parce qu'après ces jours si ensoleillés et le chemin si dur, nos corps nous le demandaient. Nous avons découvert que cet hôtel avait une terrasse (nous ne nous en étions pas rendu compte la première fois, vu le froid qu'il faisait était...inhumain) d'où je bois en ce moment un chocolat chaud tout en écrivant ce carnet.


Aujourd'hui, nous sommes entrés dans le palace (la première fois nous n'avions pas pu), situé sur une petite colline, en face d'un monastère que nous avions vu, et qui nous a rappelé l'histoire de la main,...au cas où vous ne vous en souvenez pas...ils ont coupé la main du constructeur de ce palace et du monastère pour qu'il ne puisse pas en construire un autre pareil. Moi, je mettrais l'accent sur la figure de la statue de Ame Pal, le fondateur du Royaume, sur quelques objets comme des armes, un masque avec une armure (on aurait dit un bonhomme) ou le coffre rouge sur lequel deux squelettes y sont peints et qui s'ouvre juste pour le Tiji Festival, qui se célèbrera cette année le 17, 18 et 19 Mai.

Maintenant, comme tous les jours, nous nous mettons au travail sur le projet et demain nous descendrons en tracteur (si on en trouve un) jusqu'à Chuksang, donc chers lecteurs demain je vous raconterai mon expérience avec ce «moyen de locomotion».

                                                   

Derek

 

Le printemps avance et le soleil est toujours radiant ce qui nous fait oublier le froid extrême que nous avons passé il y a de ça quelques jours.
On dirait que la vie se manifeste à nouveau entre ces montagnes magiques pleines de Dieux, tout est rempli de couleurs, enfin il y a beaucoup plus de vie par là où nous passons.

On sent que les gens sont plus contents et beaucoup plus actifs, travaillant dans les champs, lavant dans la rivière et discutant dans les rues. Comme j'ai pu lire, l'existence des lobas (les habitants de Lo, Mustang en tibétain) se divise en trois activités. Au printemps, ils travaillent tous dans les champs, labourent et sèment. En été, beaucoup abandonnent les villages et villes pour vivre sous des tentes près des espaces verts pour faire paître leurs chevaux, mules, ânes et chèvres. En hiver, quand il fait trop froid pour travailler le sol et faire paître le bétail, ces habitants, à l'exception des femmes et des personnes âgées, partent pour commercer avec leurs animaux, voyageant jusqu'à des lieux lointains du Tibet ou du Népal.

A l'entrée de Tsarang, nous avons vu un groupe de femmes colorées récoltant une espèce de racine de patate, elles la cuisent avant de l'ajouter au ragoût.
Aujourd'hui, nous sommes de retour à Tsarang, je me suis entêtée à entrer par la porte principale, pour voir et photographier un grand chorten coloré, le même qu'avait photographié notre ami Peissel quelques 60 ans auparavant.
Nous avons visité le Royal Palace, très beau et très ancien, dans lequel se garde fièrement une main noiraude et étrange, on dit que c'est celle de l'architecte qui l'a construit et que le Roi lui a coupé pour qu'il ne puisse pas refaire une telle oeuvre dans tout le Royaume. Une terrible et obscure histoire qu'avait déjà vécu Derek quelques jours auparavant où ils gardaient une autre main coupée, celle d'une femme, dans un monastère où ils ne m'ont pas laissée entrer, justement parce que femme. Je n'avais pas cru ce que m'avait raconté mon collègue, maintenant je le crois..en réalité, je commence à croire beaucoup de choses...

De retour à Tsarang, en commençant la descente, en marchant vers le bas, en marchant en quelque sorte vers la maison... 

                                                                                                                  
Graciela.

 
         
 

 
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19eme journée:

"Sillonnant le Kali Gandaki en tracteur"

 
         
 

On ouvre les yeux à Tsarang très tôt, parce que ceux de la chambre d'à côté, sont si «aimables» qu'ils parlent très fort. J'ai réussi à dormir un petit plus, je me réveille juste avant la sonnerie du réveil.

Je me lève et aperçois Graciela déjà levée sur la terrasse de l'hôtel. Ah, je ne vous avais pas dit, notre chambre avait un accès sur une terrasse qui offrait des vues magnifiques. Nous nous saluons comme chaque matin, «bonjour» , (c'est bon de rester courtois entre collègues), et nous déjeunons tout en nous demandant si aujourd'hui nous allions pouvoir descendre enfin en tracteur jusqu'à Chuksang. Vous vous demanderez pourquoi essayer de prendre un tracteur et ne pas continuer à pied. La raison est simple, si nous descendons à pied nous devrons repasser par les mêmes villages par lesquels nous sommes déjà passés au début du voyage, du coup nous aurons plus de temps pour faire le repérage à Kagbeni, Muktinath ou Jomosom.

Pendant que nous réfléchissions sur la terrasse à y aller ou pas en tracteur, nous avons eu l'immense chance de savoir qu'un tracteur allait passer aujourd'hui (c'est Sapito, un de nos porteurs qui nous en a informés). On est vraiment heureux de pouvoir aller à Chuksang en tracteur.

Après un long moment d'attente, nous nous disposons à prendre le tracteur près de notre hôtel (Maya's Inn).Nous avons passé la première demi-heure avec notre premier moyen de transport en empruntant une descente infernale jusqu'au lit du Kali Gandaki, où nous nous sommes arrêtés presque une heure, du fait qu'il manquait un passager. Ça été amusant et facile, et sans trop de secousses ( quelle naïveté d'avoir cru que ça allait être pareil tout le long du chemin.) Le passager manquant est enfin arrivé et nous avons repris la route, à ce moment là je commençais à me demander si je rêvais (ou plutôt, cauchemardais), parce que, pendant une bonne partie du trajet, le tracteur traversait le Kali d'un côté à l'autre, souvent dans la rivière, et quand je dis dans le rivière, je ne dis pas à côté de la rivière, c'était vraiment dedans...expérience unique mais pas très confortable.

Malgré les nids-de-poule, les positions inconfortables, la force nécessaire pour bien nous tenir et ne pas tomber, des terribles va-et-vient de la «boîte à sardines» où se trouvaient ma collègue et le reste des passagers, et de la dure et inconfortable expérience, je m'en rappellerai toute ma vie.

Moi, je ne voyageais pas dans la remorque, j'étais perché dans la cabine du tracteur avec le conducteur, et quatre autres personnes (parfois cinq), un d'eux «Sapito» (le pauvre s'agrippait apeuré). Nous avons aussi pris le tracteur pour voir si l'équipe de tournage pourrait utiliser cet unique moyen de transport disponible...moi je ne pense pas parce que ce sont 4 heures avec des nids-de-poule terribles, (du fait qu'il passe par dessus de grandes pierres dans le lit de la rivière), des douleurs corporelles, d'épuisement vu la force qu'il faut pour se tenir plus le risque pour tout le matériel. De plus, personne ne peut garantir qu'à une autre époque de l'année, la rivière n'ait pas plus d'eau et que ce soit impossible. Par moments, l'eau entrait pratiquement dans la remorque alors que nous sommes à la fin de la période sèche.

Après être descendu pendant des heures par le canyon, en sillonnant le Kali nous sommes arrivés à Chuksang, à peine arrivés, je suis descendu de la cabine, parce que je ne pouvais pas supporter une seconde de plus en haut.
En plus de l'incommodité nous avons pu jouir du son de la rivière, du vent dans les montagnes et du chant des oiseaux ….nous avancions avec une musique infernale qui me grouillait dans les oreilles, c'est pour ça que je suis descendu si vite à peine arrivé. Nous avons mangé tard, on a pris un long moment de répit pour nous remettre de cette expérience, et ensuite....au travail.

P.S: Ce fut surprenant de trouver Chuksang vert et plein de vie. Quand nous étions venus la première fois, il faisait très froid et il n'y avait quasiment pas de végétation (et tout ça s'est passé en un peu moins de deux semaines.)

 

Derek

 

Aujourd'hui je me suis levée tôt, j'avais les yeux ouverts à 6 heures du matin, même si on s'était dit qu'on se réveillerait pas avant 8 heures...mais je pense que mon rythme a changé depuis que je suis ici, j'ai changé mon goût de la nuit pour vivre au rythme du soleil, avec les heures de lumière, comme ils font ici. On est au lit avant 22 heures tous les soirs (il n'y a quasiment pas d'électricité) et je n'ai aucun mal à me lever à l'aube, en plus c'est plus joli...je sais que plusieurs personnes seraient fières de moi. Je me suis assise pour lire et écrire sur la terrasse, tout en regardant comment le soleil apparaissait derrière les hautes montagnes. Il illuminait petit à petit le village endormi, la vie s'est réveillée petit à petit dans le village mais aussi chez mes collègues.

Après avoir déjeuné, il ne nous restait qu'à regarder attentivement le chemin qui descendait par la montagne de Lo Mantang. Nous attentions un tracteur sans trop savoir ni s'il allait venir ni à quelle heure. Nous avons décidé de parcourir en un jour, en tracteur, ce qui nous aurait pris 3 jours, en marchant. Le chemin à pied, est le même que celui par lequel nous sommes déjà passés, ce qui nous referait passer par les mêmes villages, il n'y a pas d'autres routes alternatives, sauf par le lit de la rivière, pour cela nous avons décidé de reposer nos corps et d'avancer en tracteur, c'est le seul véhicule à moteur qui peut descendre en bas. Il nous reste encore beaucoup d'endroits à explorer en bas, et après 15 jours de marche sans interruption, toutes les côtes que nous pourrons éviter, sera appréciable.

Quand nous commencions à penser que ce ne serait finalement pas le jour du tracteur, Manangui, notre porteur, est apparu avec un grand sourire, nous a dit «jam jam», (on y va, on y va), truck is coming, Derek lâche un «yeeees» de pure joie et nous nous dépêchons de nous mettre en route. Nous sommes partis à l'arrêt du bus, enfin du tracteur..et dans toute une agitation, ce n'est pas tous les jours, nous remarquions qu'en effet notre moyen de transport était bien un tracteur avec une remorque en fer....c'est bien le véhicule qui nous amènera jusqu'à Chuksang. Quelques uns sont montés dans la cabine avec le conducteur, entre eux Derek...moi je me suis aventurée dans la remorque, je me suis assise à côté d'une femme du coin que je trouvais amusante, très âgée mais avec un visage de petite fille. Juste après avoir démarré, au premier nid-de-poule, je suis presque sortie en volant dans les airs, et j'ai compris d'un coup qu'un voyage agité nous attendait...des bonds et plus de bonds, des sauts et plus de sauts par un chemin de roches...le plus tout terrain possible. La première demi-heure du trajet a été sans aucun doute, la plus dure à supporter, à me demander si je tiendrai le coup ou non dans cette dure épreuve....vomirai-je? Aurai-je toujours toutes mes vertèbres à leur place? Toutes ces questions ne cessaient de m'assaillir. Avec toutes ces interrogations, je ne me rendais pas compte par où on allait, mais d'un coup le visage de ma nouvelle amie, en réelle panique m'a alarmée et j'ai décidé de regarder le chemin...nous étions en train de descendre un chemin très abrupt. La chute libre après chaque virage jusqu'au lit de la rivière pouvait être d'une centaine de mètres, et en voyant le visage de cette femme, je me suis rendue compte de la gravité du sujet, et encore plus quand elle s'est agrippée à son chapelet de prières, et qu'elle a commencé à prier comme une folle...d'un côté, ces prières incessantes, même si elles m'alarmaient d'un autre côté elles m'apaisaient, en sachant qu'elle implorait un de ces nombreux dieux de ces montagnes pour qu'il nous protège pendant le chemin...du coup...moi aussi dans ma tête, je me chantonnais le seul que je connaissais « om mane padme om»!!!

Quand cette descente aux émotions fortes fut terminée, comme si nous étions montés sur une montagne russe mais de celle d'où tu ne peux pas descendre, nous nous sommes aventurés dans le lit de la rivière. Je pensais que ça allait être un peu plus monotone et que j'allais pouvoir me concentrer sur des positions pour la survie de mes vertèbres....mais d'un coup, je me suis aperçue qu'on naviguait littéralement dans l'eau, mais en tracteur...je n'avais jamais essayé ça avant, ni l'avais imaginé, mais maintenant je sais que ça marche....Et bien, ça a été amusant pendant 10 minutes, les 4 heures restantes ont été intenses...De temps en temps, nous nous regardions avec Derek de loin, et nous n'avions rien besoin de nous dire...Des sourires et des chewing-gum ont été distribués de tous les côtés entre les passagers. Et ma voisine a passé la journée agrippée fortement à mon genou, tout en me souriant...sans parler la même langue, nous nous sommes soutenues l'une l'autre....J'avoue qu'une fois accoutumée, j'ai fini par apprécier, il faut toujours savoir apprécier les expériences. Le chemin a bien entendu été très beau, tout le temps entre les murs du canyon...

Nous sommes de retour à Chuksang, c'est plaisant d'arriver à un village et d'y voir des visages connus. Maintenant je suis assise sur un rocher, sous le soleil de l'après-midi pendant que Derek se repose des courbatures dues au tracteur. C'est impressionnant de voir comment le printemps s'est accru, il y a à peine 20 jours quand nous sommes passés par là, il n'y avait ni un brin d'herbe ni une feuille dans les arbres. Maintenant tout s'est rempli de couleurs et les champs brillent de verdure. Qu'est ce que c'est beau!

Rien de plus que nous descendons, il y a à chaque fois un peu plus d'oxygène et tout est plus facile, même respirer....


 

 

Graciela

 
 

 
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20eme journée:

"Les cerisiers sont déjà en fleur"

 
         
 

Après le tracteur-discothèque vécu hier (qui au final n'a pas été très amusant, au début c'était rigolo mais après 4 heures dans le Kali, agrippé de toutes mes forces et recevant des coups, «l'attraction» n'a plus été aussi divertissante.), nous nous levons à Chuksang dans la même chambre et le même hôtel que la dernière fois. On déjeune, dans cette hôtel la nourriture est très bonne, et nous partons vers un village à côté de Tetang, légers, sans sacs à dos, nous avons repéré son monastère, petit mais aux particuliers piliers de bois, nous avons vu des photos du Dalaï-lama, beaucoup de butter lamp (lampes de beurre) au pied des piliers, et ce qui m'a le plus marqué à l'entrée du temple: un renard et un léopard des neiges...empaillés (de façon très basique, la peau rempli de paille) et dans le temple, un ballon aux couleurs de l'Italie. Oui!! Je le reconnais! J'adore le foot.

Depuis le monastère de Tetang, on peut voir des petites et inaccessibles grottes, ce village est connu pour sa riche horticulture. Notre localisation terminée, nous retournons à Chuksang, où nous reprenons tous nos bagages, et reprenons la marche, jusqu'à Kagbeni.

Quoi vous raconter d'aujourd'hui?...En vrai, depuis que je suis à Kagbrni, je suis content d'avoir pu arriver. Nous avons fait un énorme effort contre le vent fort et dans la «grande expérience» de la traversée du Kali Gandaki pieds nus...Ce qui a été très douloureux pour les jambes à cause du froid des eaux glaciales et des pierres qui s'accrochaient aux pieds, et parfois le courant de la rivière n'était vraiment pas doux Nous avancions tout en priant pour ne pas tomber et pour sauver l'appareil-photo et l'ordinateur....avec les pantalons complètement retroussés.
En résumé, ça a été dur, premièrement parce ce que je ne m'y attendais pas, deuxièmement parce que l'eau était gelée, troisièmement, parce qu'à des endroits le courant était très fort et quatrièmement, parce que pendant un moment, mon humeur a changé parce que je n'avais pas imaginé passer un si mauvais moment.

Après cette expérience, nous nous sommes approchés petit à petit de Kagbeni, tout en perdant ma mauvaise humeur, mais le vent soufflait et soufflait très fort de face jusqu'à l'arrivée, et nous avons couru nous réfugier à l'hôtel Annapurna, l'hôtel de Norbu (l'ami de Larry), le protagoniste masculin du film «Katmandú un espejo en el cielo» (mieux vaut le voir en version originale), que je vous recommande si vous ne l'avez pas encore vue. Un très beau film qui relate très bien le thème de la difficulté qu'est l'éducation dans un pays comme le Népal. Norbu n'est pas à l'hôtel, c'est dommage de ne pas pouvoir le connaître. Ce sera peut être possible demain, mais même s'il n'est pas là, il nous héberge dans son hôtel. Une merveille! Pour la première fois dans le Royaume du Mustang nous avons notre propre salle de bain...avec toilettes, douche, miroir et lavabo, tout un luxe comparé à ce que l'on a eu jusqu'à maintenant...Nous nous douchons....Je me rase! Je vais sur internet un moment dans le grand salon et après nous travaillons sur le documentaire.

P.S: Je ne vous recommande pas de vous baigner dans le Kali Gandaki, du moins pas avec autant de vent.

 

       

Derek

 

Je commence la journée avec la routine qui me réjouit le coeur, les saluts. Combien de centaines de namastes ai-je laissés dans ces montagnes pendant ces jours....combien de namastes et de regards respectueux dirigés et reçus pendant ces jours. Aujourd'hui, le premier a été pour une petite fille avec des couettes et un grand sourire. Elle a rassemblé ses mains et nous échangions un namasteeeee,le sien avec une toute petite voix. Un peu plus tard, j'ai croisé un papillon d'un orange intense qui voletait autour de moi pendant un long moment...maintenant, souriante, je sens que la journée a commencé, que les 4 heures ou 5 heures de marche quotidienne peuvent commencer...
Le printemps continue de s'installer dans tous les sens du terme, même en moi, vu que autant de beauté et de couleurs me remplissent de bonheur...et surtout cette légère chaleur me refait vivre. Tout est teint du rose des cerisiers en fleur et du vert intense des champs et des semis qu'ils disposent bien ordonnés sur les terrasses, qu'est ce que c'est beau!

Aujourd'hui, nous sommes arrivés à Kagbeni, le premier village par lequel nous étions passés pendant la montée, et même si le chemin a été dur, tout se voit récompensé par une douche, je répète, une vraie douche d'eau presque chaude. Quand tu descends des montagnes des plus hautes et avec la dure vie d'ici, des choses simples comme voir une douche ou un lavabo, émeuvent. On apprend à apprécier les plaisirs simples et les facilités, que dans notre monde et notre quotidien, nous considérons comme acquis.

Le chemin d'aujourd'hui s'est fait en descendant par le torrent du Kali, le Kali Gandaki, notre compagnon de voyage. Hier, j'ai lu que ce n'était pas une simple rivière, en plus d'héberger les fameuses pierres magiques, on dit qu'en bas se forme le plus grand canyon du monde, encore plus grand que celui du Colorado). Ça a été un chemin agréable jusqu'à midi, après c'est devenu plus dur à cause du vent, grand compagnon de route aussi, il a commencé à souffler avec rage et en plus de face. Nous avons marché tous les cinq en silence, dans la lumière de l'après-midi, en essayant d'avancer difficilement contre le vent. A un moment donné, nous avons dû traverser la rivière en 3 ou 4 temps, pieds nus très sensibles au froid, et des fois douloureux quand on marchait sur une pierre pointue...avec l'eau au dessus des genoux et avec la peur de tomber, pas vraiment pour moi mais pour mon appareil. Les porteurs et Wangyal me motivent du regard depuis l'autre extrémité...Derek maudissait derrière moi.

A 3000 mètres d'altitude, on respire beaucoup mieux et je crois qu'on se sent tous un peu plus près de nos maisons, plus près des câlins des gens qui nous manquent en étant aussi loin et sans communication. Je sens que le voyage commence à s'approcher du retour, je sens que dans quelques jours nous serons de retour d'un Royaume perdu avec mille histoires à raconter à propos d'une culture incroyable et d'un voyage..qui pour moi, et certainement pour Derek aussi, sera inoubliable. Je me sens très chanceuse d'avoir pu réaliser ce voyage, qui en plus a été un travail. Je suis heureuse d'avoir posé le pied sur ces montagnes et d'avoir respiré un air si pur. Je sens que je redescends pleine d'énergie, de connaissances et de paix.

 

 

  

 

Graciela

 
 

 
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21eme journée:

À l'hôtel de Norbu

 
         
 

Nous nous sommes levés à Kagbeni comme des rois dans l'hôtel de Norbu après avoir passé la meilleure de toutes les nuits, sans froid, dans des lits super confortables, avec des merveilleuses vues sur le canyon et le Kali Gandaki, avec notre propre salle de bain, où nous nous sommes douchés hier, où aujourd'hui j'ai pu me laver le visage sans avoir à demander un seau d'eau et avec de l'eau chaude, parce que si chers lecteurs, nous avons une salle de bain (le premier pour nous tout seul, un luxe.)

Aujourd'hui, nous avions besoin de nous reposer, pour cela nous nous sommes levés un peu plus tard que d'habitude (8h du matin), nous avons déjeuné tranquillement et nous avons consacré le journée à travailler dans le grand salon, en sachant, comme ils nous avaient dit hier, qu'Internet était disponible à partir de 10 heures du matin. On en a besoin urgemment, c'est pour nous un outil basique de travail, pour pouvoir mettre nos photos sur Dropbox, pour envoyer plus de pages du carnet de routes...mais aussi à titre personnel...Je me rends compte qu'un confort auquel nous sommes habitués n'existe pas dans beaucoup de parties du monde...et que nous devons l'apprécier comme il est, un luxe...voir s'il arrive, enfin!

En déjeunant et en attendant Internet, un Népalais est apparu avec un touriste américain. Graciela et moi le regardons pendant une minute, il nous demande si Internet fonctionne, et nous continuons de le regarder en pensant « Il nous dit quelque chose», et d'un coup j'ai réalisé qu'il ressemblait à Norbu, je lui demande si c'est lui et c'est affirmatif! C'est lui. Je suis très content de connaître l'acteur de film «Katmandú, un espejo en el cielo» et....propriétaire de cet hôtel. (Hôtel Annapurna). Nous discutons avec lui, et comme on demande aux grandes stars, nous nous prenons en photo avec lui. Plus tard, ils sont partis se balader au village (Norbu reviendra plus tard) pendant que nous travaillons.

J'essaie les lumières du salon et de la chambre et.....grandiose! Il y a de l'électricité (en général, elle ne s'en va pas, si c'est le cas, elle revient vite), ce qui nous permettra de recharger toutes nos batteries, s'il n'y a pas d'imprévus.
C'est plus motivant de travailler avec ces vues sur les champs verts (pas comme la première fois quand il y avait beaucoup de vent et de neige), et je pense que je garderai toujours ces montagnes dans un petit coin de mon coeur, enfin...les montagnes et le voyage.

La journée continue, les eaux du Kali semblent plus calme que les autres jours, comme le jour du tracteur ou qu'hier, et pendant que le vent souffle, nous travaillons et travaillons sans arrêt, mettant des photos sur Internet tout en appréciant ce beau paysage. Nous mangeons, pour la deuxième fois consécutive, je mange de la viande (je n'en avais pas mangé pendant tout le voyage). Hier, j'ai dîné du yak, très bon même si un peu sec, et aujourd'hui j'ai tenté le «Annapurna steak» accompagné de riz et de légumes. On l'accompagne d'une salade russe, et je me sens réellement comme si j'étais à la maison...tout était délicieux. Quand nous avons fini de manger, nous nous connectons au Skype pour une conférence avec les bureaux de Madrid. Puis nous avons réussi à envoyer toutes les photos au serveur, un petit moment sur Internet à usage personnel, carnets de route, autres Skype, et à 17h nous faisons un interview à Norbu, pour qu'il nous parle de Kagbeni, les mariages au Mustang, son expérience personnelle et comment la coutume qu'une femme se marie avec plusieurs frères est en train de se perdre. Il nous raconte que ça fait 18 ou 20 ans qu'il n'en a pas vue, mais qu'il est possible qu'il y ait des exceptions, mais qu'au jour d'aujourd'hui c'est une pratique assez rare. Il nous parle des enterrements, de son hôtel...

Ensuite, de nouveau au travail sur les notes de la route, sur les carnets puis dîner, lire un peu et enfin dormir, demain nous partirons vers Muktinah, où se trouve le grand sanctuaire.

 

 

Derek

 

Aujourd'hui, j'ai mieux dormi que pendant tout le voyage Nous nous sommes levés comme si nous avions été dans un 5 étoiles. Nous avons décidé de rester un jour de plus ici, pour mettre à jour une montagne de travail accumulé, et en plus, comme il y a Internet, qui va et vient, on en profite pour envoyer une tonne de matériel de travail en Espagne. J'ai passé toute la matinée, à trier et ordonner des milliers d'images capturées pendant la route et avec l'aide de Derek, nous en sélectionnons quelques unes pour les envoyer par Dropbox, pour qu'ils puissent les recevoir en Espagne et les mettre en ligne sur le Web. On est très bien installés, nous avons converti le grand salon vitré en bureau, le soleil y entre, et avec vue sur les montagnes enneigées, impressionnantes...le bureau rêvé.

On a beaucoup travaillé et été productifs. On a aussi pu parler par Skype avec les bureaux de Madrid et leur donner des nouvelles. Ils nous ont beaucoup motivés et félicités parce qu'ils sont contents du travail qu'on est en train de faire et de ce qu'on leur raconte. Nous avons aussi pu faire un Skype avec la famille, j'ai beaucoup aimé les voir et voir comment grandissait mon neveu. J'ai envie de les prendre dans mes bras. Nous avons rencontré Norbu, il est apparu d'un coup, nous sommes restés tous les 2 à le regarder, il nous disait quelque chose...ha, bien sûr, c'est un des protagonistes de «Katmandú, un espejo en el cielo». On a pu lui faire une jolie interview en parlant un peu de tout, il faut voir comme il est timide par rapport au fait qu'il ait eu un rôle aussi important dans le film, il a été très attendrissant.

 

 

 

Graciela

 
 

 
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22eme journée:

Muktinah: "eau, terre, fer, air..."

 
         
 

A Kagbeni, on commence à voir plus de monde et même quelques touristes, mais ici à Muktinah, je me rends compte que nous sommes dans une destination, malgré son isolement, qui est assez touristique: stand, hôtels, magasins...D'un côté ça me rappelle Pokhara, mais cela ne lui enlève aucun charme.

Le chemin d'aujourd'hui a été simple mais difficile, parce que nous avons été en montée quasiment tout le temps (on a même fait par moment de l'escalade). Des magnifiques vues nous ont accompagnés tout le temps. Nous avons mis 4 heures pour arriver à destination: Muktinah. Nous sommes passés par Khinga, un village très petit, où j'ai acheté une bouteille d'eau, non seulement parce qu'on en manquait et que nous avions besoin de boire beaucoup, sinon parce que je l'ai achetée dans un restaurant dont le nom a appelé mon attention: Roméo et Juliette.
Nous avons traversé Khinga puis nous sommes passés très près de Putak, nous avons marché et marché, et après 3 heures de chemin nous sommes arrivés à Jarkhot, un village à la situation merveilleuse, élevé sur un pic depuis lequel se divise toute la vallée. Il est connu pour son vieux fort et son monastère bouddhiste (Sakya's Monastery) qui compte plus de 550ans d'âge. Il est en ce moment en travaux, avec une entrée très colorée où je me suis arrêté après avoir remarqué une fresque avec divers dieux sur un panda, un chien et un tigre. Les murs rougeâtres du monastère se remarquent de loin. De près, nous avons contemplé ses moulins aux prières et nous sommes allés visiter son école monastique.

Une fois le monastère, le vieux fort et le village vus (en principe, nous dormirons ici demain), nous avons mangé à L'hôtel Plaza, sur une petite terrasse, et nous avons mangé excellemment bien, avec de la nourriture de qualité. Je vous recommande, sans aucun doute, de commander un hamburger d'agneau, c'est délicieux.

Nous avons marché, puis nous sommes partis à Muktinah, à seulement une heure de route. J'ai été surpris de voir des bancs sur la route pour que les gens puissent se reposer ou profitent des vues, nous nous sommes arrêtés sur l'un d'eux nous reposer un peu. Nous avons poursuivi notre ascension et sommes arrivés à Muktinah, où notre guide voulait qu'on se loge à l'Hôtel Royal Mustang, après avoir parlé avec lui, nous avons décidé aller au Bob Marley's Hotel, qui a l'air très bien et où Graciela avait séjourné l'an dernier avec une amie et ça lui faisait plaisir d'y revenir. Il a des avantages par rapport à l'autre, mais je suis quand même un peu «fâché» parce que j'avais vraiment envie d'une douche d'eau chaude et ici elle ne fonctionne pas...par contre je change d'habits, parce que mon corps me le demande.

Une fois installés à l'hôtel Bob Marley, nous sommes allés au Temple de Muktinah, d'origine hindou, pas très loin mais dur à cause de la montée abrupte. Nous avons vu des arbres et des arbustes avec des offrandes. Le temple-les temples- est entouré d'un mur blanc, nous avons pu voir des sadhus, puis des moulins aux prières et des cloches à l'entrée de chaque temple. Sur les cloches, sont gravés les noms des père et/ou grands-pères implorant les Dieux qu'ils les protègent. Il y a beaucoup de temples à Muktinah, tous très beaux et captivants, particulièrement ceux de Shamba Gomps et Dholamebar Gompa. Dans le premier, nous n'avons pas pu arrêter de parler avec le Lama Shamba et de contempler ses fresques et sa magnifique porte colorée avec un démon qui protège son enceinte...
Entre ces deux temples-monastères, nous avons vu le temple central avec beaucoup de cloches, des bougies brûlées noires comme du charbon et dehors à côté de l'entrée, se trouvent 2 étangs entourés de 12 jets d'eau qui jaillissent de fontaines à la tête de vache où les pèlerins hindous se mouillent avec l'eau des jets (ils doivent passer sous chacun d'entre eux) ou se baignent dans les piscines, considérant que cette eau bénite nettoie leur karma.
Plus tard, nous sommes allés au second monastère dont je vous parlais, celui-ci fut à l'origine de la sainteté de ce lieu avec deux flammes qui surgissent de la terre et qui ne s'éteignent jamais.

Après avoir parcouru l'enceinte de Muktinah, nous sommes rentrés à l'hôtel.

En changeant complètement de sujet, aujourd'hui je ne suis pas content et de mauvaise humeur parce que je ne peux pas me doucher et je me sens sale (j'avais dans l'idée de me doucher et ici il y a des endroits où il est possible de se doucher), mais bon Graciela m'a dit que dans cet hôtel ils faisaient de très bonnes pizzas, du coup je me sens obligé de lui dire que j'en goûterai une plus tard.

Je pensais que je n'avais rien de plus à vous raconter aujourd'hui, mais quelque chose de merveilleux vient de se passer, j'ai réessayé la douche, et à ma grande surprise de l'eau très chaude en est sortie, je m'y suis mis rapidement et l'ai appréciée....Finalement, tout s'est bien terminé et nous avions bien mérité cette douche. Nous avons dîné de très bonne humeur, tout en discutant avec un couple de danois que nous avions rencontré et avec d'autres espagnols «motards», qui après nous avoir entendu parler notre langue, nous avaient dit qu'ils passeraient prendre une bière avec nous dans notre hôtel.

Maintenant, je vous dis au revoir avec bonne humeur, propre et heureux.

P.S: Aujourd'hui, j'ai appris qu'une simple douche d'eau chaude peut changer complètement son humeur.

 
Derek

 

 

Hier soir, j'ai apprécié une bonne lecture avant de dormir, que je partage:

«… Les croyances bouddhistes assurent que, l'être humain est fait de feu, de terre, d'air et de vent. Un homme est chaud, c'est le feu qu'il possède. Si tu t'égratignes la peau, elle devient tout de suite blanche du fait que tu enlèves la terre qu'elle a en elle. L'eau tu la vois quand tu craches et le vent se trouve dans tes poumons. Les tibétains considèrent que l'air et l'esprit sont la même chose, comme les grecs qui appelaient le vent, âme...»

Aujourd'hui, nous sommes partis tôt direction Muktinath, le même endroit où j'ai terminé mon grand tour du circuit des Annapurnas, il y a un peu moins d'un an. Aujourd'hui, j'ai marché sur des chemins déjà piétinés et je me suis rappelé avec joie et nostalgie de mes folles et fidèles compagnons de voyage, ma Marta, Lorea et Jai.

Aujourd'hui, le chemin n'a été qu'en montée, mais je me suis consolée en pensant que tout ce qui était montée, était aussi descente, et d'ici jusqu'à arriver à Jomosom dans quelques jours, sera descente.

En chemin, nous nous sommes arrêtés manger à Jarkot, où nous avons pu visiter le monastère, même s'il était en travaux, il m'a beaucoup plu, et ce qui a attiré mon attention, et celle de mon appareil-photo, ça a été les fresques de la porte d'entrée. Une grande peinture des gardes des temples, ce que nous avons énormément vu dans ces innombrables temples. Ceux-là, étaient les gardes des quatre points cardinaux, féroces divinités qui surveillent l'entrée de quasiment tous les monastères. Mais aussi peinte avec beaucoup de détails et aux couleurs brillantes, la fameuse roue de l'existence, la roue de la vie, un disque soutenu par Mara, le Dieu de la mort, avec ses pattes et ses gosiers. Le disque représente différents enfers, les six sphères dans lesquelles après la vie, le mort se réincarne, selon le sens des faits de sa vie. La roue est comme une souffrance continue dont le seul échappatoire est le nirvana.

L'origine se trouve dans le médaillon central de la roue où on peut voir un cochon, un serpent, symboles de la passion, de l'ignorance et de la colère. Elle est aussi présente dans quasiment tous les monastères.

Aujourd'hui, la journée a été remplie de temples, et nous l'avons couronné dans l'après-midi à notre arrivée à destination: Muktinath, par une balade tranquille tout en visitant le sanctuaire le plus important de la zone, que même si ça paraît incroyable, je n'ai pas pu visiter l'an dernier. J'ai trouvé que c'était un lieu très intéressant, très beau plein de petits chemins entre les arbres. C'est une grande enceinte qui loge différents temples. L'ensemble est un sanctuaire de grande dévotion autant pour les bouddhistes que pour les hindous. Le sanctuaire s'est formé par trois grands miracles: une pierre ardente, une source d'où surgissent des flammes et un morceau de terre incandescente. Ils brûlent depuis des siècles et même si cela s'explique maintenant par l'émanation de gaz méthane, cela fait des milliers d'années que ce lieu considéré magique a levé la dévotion de plusieurs générations. Il y a aussi 112 sources, on dit que qui s'y mouille nettoie complètement son karma pour longtemps. Il y avait beaucoup d'animation, plein d'hindous lavant leurs karmas. Nous avons pu voir plusieurs pèlerins venant d'Inde ce qui m'a beaucoup rappelé ce pays si fou que j'aime tant et son intensité.

En effet, l'entrée était pleine de sadhu, et j'ai été surprise d'assister à une bagarre entre deux d'entre eux, je n'avais jamais vu un de ces hommes saint sortir ainsi de ses gonds. Maintenant je suis dans l'hôtel Bob Marley, écoutant du bon reggae et me rappelant d'anciens moments...je me transporte à un voyage très intense et à quand je suis descendue du Torong Pass, avec les sentiments à fleur de peau, ces folles et les rires que nus avons partagés dans cette belle expérience me manquent. Nous avons très bien dîné, je me rappelais qu'ils faisaient une nourriture délicieuse, et ça n'a pas manqué, plus tard nous avons discuté avec un couple de suédois que l'on avait connu dans l'après-midi et qui sont passés nous voir un moment, aussi deux espagnols sont venus, nous avons passé la soirée à discuter et à échanger nos expériences de voyage, très agréable, c'est toujours plaisant de partager avec les gens.


Demain, nous partirons en repérage aux villages aux alentours de cette zone.
Subaratry!


                                                                                  

Graciela

 
 

 
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23eme journée:

Aux alentours de Muktinah

 
         
 

Nous avons passé la nuit à Muktinath, à l'hôtel Bob Marley, où Graciela était allée en 2011 (l'année du Tourisme au Népal) et où la nourriture est délicieuse (je recommande ses pizzas et son risotto).

Avant d'aller me coucher, je suis sorti un moment, et je assure avoir vu un renard. La nuit n'était pas trop froide, et j'ai osé dormir sans sac de couchage pour la première fois, je n'ai pas eu trop froid mais un peu quand même, et je
pense que je ne vais pas m'y aventurer une autre fois.

Comme tous les jours, nous avons besoin d'un moment pour préparer tout l'équipage et déjeuner avant de partir. Comme hier nous sommes allés au Sanctuaire de Muktinath, aujourd'hui nous sommes allés au Tsechen Kunga Cheling, un monastère en pleine ville, près de l'hôtel Caravan, fortifié, avec ses roues et ses moulins à prières, on peut en retenir quelques statues, mais surtout sur la lumière qui entre dans le monastère du fait qu'il y ait plus de fenêtres que d'habitude, ce qui rend les très belles fresques encore plus appréciables. Comme souvent, je m'arrête sur une en particulier. J'aime celle où apparaît un monstre, un mélange entre l'´éléphant et le dragon avec des moines par dessus, puis une autre avec un espèce de dinosaure ou une fresque de plusieurs hommes qui portent des éléphants aux couleurs bleutées. Mais aussi, les sutras, les livres de prière des moines...

Après avoir vu le monastère, nous sommes partis de Muktinath jusqu'à Jhong, sur le chemin nous avons vu deux autres monastères, très neufs, construits récemment...entre l'un et l'autre, nous sommes passés par le village de Chyokshar (où nous n'avons rien vu d'intéressant)...nous avons continué en nous promenant près de la rivière...une jolie balade dans les champs. Ce qui attire l'attention dans le deuxième monastère, c'est sa grande stûpa blanche, où en haut en son centre, on remarque une petite statue d'or, j'ai aimé le petit jardin bien entretenu, et j'ai été impressionné par la présence de pins...l'odeur m'a rappelé l'Espagne. D'ici il y a des vues magnifiques sur le cirque des montagnes qui entoure Muktinath. A l'intérieur du temple, il y a des tormas (figures de beurre très élaborées), des statues, des grands piliers peints de rouge, des bougies en forme de fleur et avec des feuilles vertes, des photos du Dalaï-lama...

Nous sommes sortis et avons de nouveau suivi la rivière. Le son de l'eau et le son de la nature me sont agréables, et alors que nous marchions tranquillement, j'ai entendu Graciela hurler de douleur, j'ai pensé que soit elle était tombée soit elle s'était planté une branche...mais non....un petit scarabée lui était entré dans l'oeil, je le lui ai sorti tout de suite et elle s'est mis des gouttes que nous avions sous la main, par chance.
Nous avons marché un bon moment. Graciela avait mal et craignait que la bestiole ait laissé échapper une substance vénéneuse...nous sommes passés par le village de Chungkhar, petit village fortifié, un labyrinthe, avec beaucoup de bétails, avec deux chortens près du ruisseau...

Après avoir traversé ce village, nous sommes montés sur la colline jusqu'à arriver au village de Jhong, où nous avons vu les ruines de ce qui fut autrefois un fort, des moulins à prière et juste à côté, des pierres précieuses comme des «fossiles -pyramidaux» mais aussi à côté de ces moulins à prière, se trouve un autre moulin à prières beaucoup plus grand en bois, très beau, accompagnés de trois fresques (Bouddha, Chentresi et Padmasambhava).
Nous avons gravi une autre colline et sommes arrivés à « Sakya Dzong Choede Shedup Choepel Ling» un monastère du XVème siècle. Comme dans tous les monastères, les roues à prières ne manquent pas..il y a aussi de merveilleuses vues sur les pics enneigés des montagnes qui entourent la vallée..nous avons vu deux moines qui malheureusement ne nous ont pas accordé d'interview...nous avons vu encore des fresques. Curieusement, dans l'aire de Muktinath, il est obligatoire d'enlever ses chaussures dans les monastères, comme je l'avais déjà fait plusieurs fois dans mes voyages, en Inde ou au Tibet...mais pas au Mustang.

Après avoir vu le monastère, nous sommes redescendus près de la rivière, nous sommes passés près d'un pont en acier, puis nous sommes remontés par un chemin pas trop difficile mais fatigant jusqu'à Jarkhot, où nous dormons aujourd'hui, à l'hôtel Plaza, celui où nous avons mangé hier, qui possède des chambres agréables.

Ensuite, nous nous sommes reposés et avons travaillé avec plaisir dans le dining room de l'hôtel un long moment, jusqu'à ce que notre guide arrive pour nous suggérer d'aller au monastère tout de suite, parce qu'il pensait qu'il était ouvert, et qu'on pouvait louper une occasion si on n'y allait pas; nous avons tout rassemblé et ramené en vitesse dans nos chambres. Mais en arrivant, nous avons vu qu'il était ….fermé...promenade vaine, nous sommes rentrés pour continuer à travailler comme si nous n'avions pas fait cette promenade ou comme si elle n'avait pas existé...il ouvrira peut être demain matin...nous le vérifierons.

Salutations et à la prochaine.

         

 

Derek

 

Aujourd'hui, ça a été le premier jour du voyage où j'ai dormi sans sac de couchage, j'étais si fatiguée que je me suis enveloppée entre deux couvertures pour lire, et je me suis endormie. J'ai beaucoup rêvé de voyages dans d'autres voyages..ici je rêve quasiment chaque nuit. Nous avons eu beaucoup de mal à nous lever au dring dring du réveil, c'est chaque jour un peu plus dur, la fatigue s'accumule et le corps le ressent...ça fait 22 jours que nous sommes ici, sans cesser de travailler.

Aujourd'hui, nous avons décidé de à parcourir les villages des vallées de cette zone, des petits villages et beaucoup de nouvelles constructions de monastères. La balade entre des vallées à forte végétation, a été agréable, ça me rappelle et ça sent mes terres, une étrange sensation m'a traversé et m'a fait sourire...Nous sommes passés par des petits villages, aux maisons de pierres et de pisé, de jolis villages enclavés entre des vallées et des ruisseaux. Chaque bâtiment est couronné par des drapeaux de prières, on peut les voir ondoyer dans le ciel, des drapeaux blancs agités dans l'air, qui découpent le ciel bleu et les montagnes enneigées. Dans tous les monastères où nous sommes passés aujourd'hui, j'ai été autorisée à faire des photos, ce qui n'avait pas toujours été le cas jusque là. Du coup, je me suis arrêtée tranquillement dans chacun d'entre eux, jusqu'à ce que les autres finissent leur visite et sortent me retrouver. Je restais toute seule avec le silence et les Dieux dans ces demeures calmes pleines de lumière et de beauté où tout semble être disposé de façon particulière et tout est beau à photographier. J'ai pris beaucoup de photos de détail des fresques aux peintures brillantes et d'objets qui paraissaient être des natures mortes prêtes à être peintes. J'ai apprécié être seule dans ces demeures où quelque chose de spécial se respire, beaucoup de calme et de silence avec échos, mon appareil et moi, cherchant des images...je me sentais en paix totale.

J'ai trouvé que le dernier des trois que nous avons visités, le Jhong, était un petit coin très spécial, entretenu par deux moines âgés et deux petits gars qui nous ont servi le thé timidement. Le patio est entretenu avec attention, aux tables de bois d'anciennes écoles. Pendant que je prenais le thé sucré, j'ai observé un long moment un des moines, il ressemblait à Vegeta dans Dragon Ball, arrosant ses fleurs et son mini potager, il y avait quelque chose de spécial dans son regard et dans ses gestes, un homme calme qui regardait tranquillement un horizon montagneux, il bougeait lentement tout en contemplant, il me captivait, sa silhouette se découpait dans le fond de la masse pyramidale du Dhaulagiri, j'aurais pu rester tout la matinée à l'observer.

Nous avons poursuivi le chemin en longeant un petit ruisseau qui nous offrait un son de paix et dans les champs ordonnés, nous pouvions voir des corbeaux aux bec oranges qui grappillaient les champs ensemencés, ils auraient besoin de bons épouvantails, et au fur et à mesure que nous avancions, ils partaient en volant en meute. J'ai pris de l'avance, je commençais à trouver cette côte interminable et j'ai décidé d'en finir le plus vite possible. Du coup je suis arrivée toute seule dans le petit village, laissant derrière moi les autres aux pas plus lents. Contente d'arriver, j'ai perçu un bon arôme fort, parfumé, c'était une femme qui broyait des racines et des feuilles de pin dans un grand mortier, puis le tamisait, elle faisait de l'encens local. Ce fut un accueil très agréable.

Maintenant nous sommes de nouveau à Jarkot, où je lis tranquillement sur la terrasse au soleil, je me sens bien, et les pics se teignent des couleurs de l'après-midi.

Demain, nous descendrons jusqu'à Jomoson, destination finale de notre route. Je sens que je ne pourrais pas marcher un jour de plus, mais en même temps un sentiment de peine m'envahit du fait que ce soit le dernier jour de nomadisme, d'investigation de chaque coin de ces terres à pied, je sens qu'au fond marcher libre dans ces immenses montagnes, visiter ces lointains monastères et d'avancer entre sourires et namastes me manquera. Partager cette expérience avec notre équipe me manquera aussi, ces trois locaux qui sont tout le temps en train de rire même si nous montons de dures côtes et ceux avec qui nous avons formé une grande famille et partagé de grands moments et de merveilleuses contrées pendant ces 22 jours.

NAMAS je vais boire un thé.

 

 

Graciela

 
 

 
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